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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 22:32

Quand j'étais petite, je voulais avoir quatre enfants.

 

Et puis, j'ai grandi. Et puis je suis redevenue un peu plus petite (comprenne qui pourra ;D ) , mais j'avais toujours envie d'avoir quatre enfants.

 

Et puis j'ai été un court moment célibataire avec envie de le rester, mais je me voyais bien avec un enfant. Adopté, peut-être bien.

 

Et puis, j'ai eu un coup de foudre, et je n'a plus du tout eu envie d'être célibataire. Ni d'ailleurs, d'être "casée". Juste l'envie d'être avec Lui. Et je ne sais pas pourquoi, j'avais envie d'avoir trois enfants. On dirait que j'en avais perdu un en route. Pourtant, l'Homme-Chocolat est loin d'être, comme certais de nos amis (qui le disent eux-mêmes donc je n'ai pas de scrupules)  "un enfant de plus". Je crois que je n'aurais pas supporté de devoir être la mère de mon mari ... D'autant que voilà la compet', ma belle-mère est une fée du logis, un cordon-bleu, toujours prête à se plier en douze pour les autres. Et tout ça, en bossant. Enfin, elle ne bosse (enfin) plus, et croyez-moi, sa retraite, elle l'a bien méritée.

 

Comme je l'ai dit et redit, vous ne saurez pas ce qu'on a décidé. Bon, allez, c'est entre zéro (compris, même si vous devez commencer à penser qu'il y a fort peu de chances pour que ça soit le cas),et trois. Mine de rien, ça laisse de la marge.

 

Quoiqu'il en soit, à un moment de mes réflexions, j'en suis venue à me dire qu'un enfant "de moins", que je* ne mettrai pas au monde, ce n'était pas forcément une mauvaise idée. Attention, (d'ailleurs j'ai longtemps pensé ne jamais écrire cette note, c'est le commentaire de Cheza qui m'a motivée en me rappelant combien, parfois, les gens sont blessants) je ne suis pas pour une limitation autoritaire du nombre d'enfants, comme en Chine. MAIS en revanche, oui, je pense que la planète est petite, de dimensions finies, que ses ressources ne sont pas inépuisables, surtout si on continue à faire n'importe quoi. Donc, en attendant des jours meilleurs, et surtout des humains meilleurs, (si tant est que ça vienne un jour, mais je ne suis pas magicienne) je pense que décider pour un futur (non)-parent de prendre en compte cet aspect, ce n'est pas, comme j'ai pu le lire, criminel, honteux, fasciste.

 

Je pense que c'est une question qu'on est pas obligé de se poser (même si, bon, si j'en parle ici, c'est parce que je pense que si on se la pose, c'est bien aussi), à laquelle il n'existe pas de "bonne" réponse, mais qui n'est pas plus affreuse que bien d'autres. Après tout, nombre de parents prennent en compte leur budget, leur maison, leur voiture, pour décider d'avoir X enfants. En quoi est-ce différent de se préoccuper des ressources de tout ce qui vit ?

 

Alors, évidemment, on peut continuer sur cette lancée en arguant que mettre au monde un enfant de moins, c'est aussi en adopter un qui existe déjà (je ne suis pas sans coeur, je suis pragmatique.) Sauf que, personnellement, je ne m'en sens pas capable. Merci de ne pas me juger ... (Je ne dis pas ça pour mes fidèles lecteurs / lectrices, qui ont souvent fait preuve d'une grande tolérance, mais on ne sait jamais.)

 

En tout cas, pour nous, ça a autant pesé que les autres questions "rationnelles" de carrière, de coût, de place, d'éducation ... Et vous ?

 

  http://www.ecoactitude.fr/upload/image/illus/evenements_manifs/2010/juillet/2010-06-29-11h12-bebe_bio.jpgImage empruntée .

 

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Je profite de cette note pour répondre à Floh, tiens, parce que sa réflexion mérite mieux qu'un bout de commentaire je trouve !

 

 
[...] Tu sais, c'est amusant aussi, car toutes ces questions, je me les suis posées (me les pose encore, ponctuellement), jamais au point d'en faire une liste comme toi, mais sincèrement l'envie d'enfant n'est pas quelque chose de naturel en ce qui me concerne.

 

Vraiment, tu n'es pas la première à le dire, je me sens moins seule ...


En toute amitié cependant, au regard de tes réponses, je me permets une réflexion: lorsqu'on en est à ce point dans les questions, c'est qu'il n'est pas encore temps. Tu es une jeune mariée toute fraîche qui a envie de profiter de son mari, et de son couple, et de sa vie de couple sans enfant. Et personne ne peut te blâmer de cela, bien au contraire. C'est important de le vivre pleinement, pour ne pas avoir de regret (sur cela non plus...). Je ne dis pas que, si un jour tu deviens maman, tu seras "lassée" de ta vie avec ton mari, mais tu auras juste envie de rajouter une pierre à l'édifice. Et il ne faut clairement pas opposer le fait d'être heureuse avec ton mari au fait d'être heureuse avec ton mari et un enfant. C'est complémentaire, c'est un glissement naturel...

 

Au regard de mes réponses, je pense que tu as raison... En revanche, je crois que ces questions et leurs réponses resteront toujours les mêmes pour moi. Je crois que ce qui changera, c'est seulement l'intensité de mon* envie ...

Je pense que ces questions étaient justement nécessaires à ce qu'un jour, le moment vienne. Disons que  je suis prête à accepter de ne pas l'être, ou plutôt que je n'ai jamais été aussi près. Pour faire une métaphore car j'ai du mal à m'expliquer, je vois le bateau sur lequel je suis prête à embarquer, j'ai envie de le faire, mais j'ai encore un peu de temps pour flâner sur le port. Je prends le temps de flâner car je sais que le beateau attendra - et je sais que je prendrai le bateau sans regret, en ayant bien flané... Donc je suis prête à le prendre, car j'ai fait mes valises ... Mais pas de suite ! ;)


J'ai longuement, longuement pesé le pour et le contre d'être un jour maman, ou pas...Et puis j'ai rencontré l'homme qui m'a fait penser que concrètement ça pouvait devenir possible. Et puis j'ai aussi arrêté de réfléchir, et j'ai lâché prise. Je pense que simplement, le jour où nous sommes prêtes, nous ne faisons plus de listes. Nous avons la lucidité d'être conscientes de ce qui nous attend, le bon et le moins bon, mais y a-t-il besoin d'une vraie raison pour être maman? Je ne le pense pas. On le fait parce qu'on est 2 à en avoir envie, et à vivre cette aventure-là, après avoir été heureux de vivre toutes les autres (le voyage aux Bahamas, les randos, les nuits de folie, qu'en sais-je...). Et à ce moment, il n'est plus question de "liste pour" et "liste contre", et encore moins de comptage de points ;)

 

Le lâcher prise, c'est quoi, un animal protégé ? Connais pas !

Plus sérieusement, je pense qu'on lâche plus facilement prise (ou du moins, qu'on a plus de chances que tout se passe bien lors de ce grand chambardement ) quand on s'est soi-même sondé(e), et qu'on a essayé de comprendre en toute objectivité ce qu'on attend de la grossesse,de la naissance, de l'éducation de son enfant. Comme je le disais, mes réponses à des "arguments" comme "un enfant, c'est un personne qui vous aimera toujours" ne changeront pas je crois. Maintenant que la liste est faite, je la range. En fait, t'as raison. Les listes, c'est la mise en condition ... ;)

 

Pour l'instant, vis ta vie de couple. Laisse-toi le temps d'avancer et d'évoluer. Si tu en viens à te poser toutes ces questions, c'est que ça te travaille. Mais que tu n'as pas la réponse, et je pense que personne ne te met le couteau sous la gorge pour dire "oui" ou "non" là maintenant ou dans 1 mois...Et crois-moi, je suis bien placée pour savoir que le lâcher prise est difficile à faire ;)

 

Oh que oui j'ai du temps ... Ca m'arange bien d'ailleurs, j'ai encore un tas de questions à (me) poser !


Et pour info, je ne suis ni enceinte, ni sur le point de l'être. Je me reconnais juste dans tes questions, c'était moi il y a quelques temps... (et si la réponse à "avoir un enfant" est un non de ta part et de celui de ton mari, personne non plus n'est en droit de te lister le "pourquoi" tu as tort de faire ce choix...rien n'est plus personnel).

 

Bien sûr que rien n'est plus personnel ... Mais rien ne décenche autant les passions et les colères de l'entourage (je ne parle pas de mon entourage, je parle "des gens" en général) que cette question . J'essaie juste d'apporter de l'eau au moulin de ceux et celles qui pensesnt qu'avoir un/des enfant(s) ne va pas de soi ...

 

 

  * (on prend les mêmes et on recommence, je parle uniquement de MON point de vue. Celui de l'Homme-Chocolat lui appartient, et j'en ai - pour ce que j'en sais- la primeur et l'exclu.)

 

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Published by Le petit poison rouge - dans Les choses qui fâchent
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commentaires

Floh 21/10/2010 07:27


Oui, je pense que nous sommes relativement proches dans nos conclusions, avec un chemin différent pour y arriver ;)
Par contre non, je ne pense pas (mais pour ce sujet précis) que l'incontrôlable soit anticipable ;) Ca, c'est mon caractère, mais aussi ma croyance profonde, renforcée par le fait de m'être
retrouvée du jour au lendemain propulsée dans un rôle parental avec la fille de mon compagnon. Et comme une déferlante pour moi, à réaliser qu'il y a ce qu'on lit sur les enfants, voire même ce que
les copines ou amies déjà maman disent, et puis il y a ce qu'on ressent, sa propre histoire qui remonte, ses "idéaux" qu'il faut mettre au placard. Et bon, c'est particulièrement délicat quand ce
n'est pas ton enfant, mais ça l'est tout autant quand c'est le tien. Raison pour laquelle, tu fais bien de le souligner, oui il est bon quand même de faire une belle introspection avant de donner
la vie, et chacune à sa manière :)
Merci à toi d'avoir pris le temps de me répondre! Et bon courage pour le choix du lait :) :)


Le petit poison rouge 21/10/2010 10:38



Ha mais non ! ;D Je ne cherche pas à contrôler l'incontrolable, je te rassure ... Je cherche juste à essayer de me préparer des "pistes" ... :)


Je souhaite plein de bonheur à toute votre petite famille, et c'est difficile à dire sans donner une impression d'être (m)paternaliste, mais je crois ressentir une grande sérénité dans tes propos
concernant Mlle Petite Boute, et je trouve ça très beau.


Merci à toi!



Floh 20/10/2010 08:53


Oh, eh bien merci de m'avoir répondu si longuement, ça me touche, je n'ai pas été la seule à avoir apporté de l'eau à ton moulin, et tu as eu beaucoup de commentaires constructifs sur ces
billets.
Oui, il me paraît essentiel à moi aussi de faire (d'avoir fait) une grande introspection sur "être maman ou non", et plus ou moins "pourquoi", même si encore une fois, j'insiste sur le fait que
cette réponse-là est plus ou moins "inutile". C'est peut-être ce qui nous diffère, si je continue à me demander pourquoi je veux un enfant, c'est que je ne suis pas réellement prête.
Je pense que le point essentiel à tout cela, c'est que rien n'est contrôlable. Et je ne te connais pas, mais tu m'impressionnes par ta façon de penser à tout, d'aller dans les moindres détails pour
chaque entreprise que tu suis, c'est un trait de caractère qui me manque considérablement.
Or, même si tu peux penser à un maximum de choses avant d'avoir un enfant, il faut laisser la place au mystère, à l'idée que cette aventure te surprendra bien plus que tu ne le penses. Je parle en
tant que belle-mère, qui s'est fait surprendre par une petite de 4 ans (6 maintenant), qui a déboulé dans ma vie et modifié beaucoup, beaucoup de choses.
C'est pour ça que j'insiste sur le lâcher prise. Comme tu le dis, finalement c'est bien d'avoir fait cette liste, mais aussi de la ranger, pour ne plus être conditionnée.
Ah, et puis un dernier point pour te chatouiller: tu dis "en attendant des jours meilleurs, des humains meilleurs". Mais qui te dit que cet enfant que vous aurez peut-être, que vous sensibiliserez
à vos idéaux, à votre conscience des dangers pour la planète, ne participera pas, justement, à rendre l'humanité "meilleure" (je n'aime pas ce mot, on va dire "plus consciente et plus ouverte")? Si
tout le monde raisonne comme ça, en disant "j'attends que le monde aille mieux pour faire un enfant", on dépeuplera très vite la terre ;)
Et encore une fois, ceci n'est pas un plaidoyer pour faire des enfants à tout prix! Une femme qui me dit, en toute conscience "j'ai longuement réfléchi et je ne veux pas être mère", j'accepterai
très bien ses arguments.
Quoi qu'il en soit, je te souhaite, je vous souhaite à tous les 2, une très très belle aventure, qu'elle soit avec 0, 1, 2, ou 3 enfant(s), et surtout au moment où vous sentirez qu'il sera temps.
Ton image du bateau à quai et de ton envie de flâner est très belle et très parlante d'ailleurs :)
Merci de tes réflexions :)


Le petit poison rouge 20/10/2010 19:29



Je t'en prie, merci à toi d'avoir pris autant de temps pour participer à catte réflexion collecive (sur laquelle certains feraient bien de prendre exemple, je dis ça comme ça ...)


Je pense qu'on ne diffère pas tant que ça, dans le sens ou tu dis que si tu te demandes encore, c'est qu'il n'est pas tant. Moi je dis que j'ai écarté les mauvaises raisons, et que ça fait de la
place pour "accepter de vois quelle est pour moi la bonne raison", et enfin être prête. Non ? De toute façon, même si on n'est pas tout à fait
d'accord sur ce point, je crois que personne n'a tort, on réagit juste différemment ... Avec beaucoup de respect et de tolérance, il me semble.


En tout cas, je ressens pour le moment plus une envie d'enfant qu'un besoin de grossesse. Et si ça doit perdurer, ça ne m'empèchera pas de franchir le pas quand nous penserons qu'il est temps ...


En t'écrivant, je pense que je mets le doigt sur un truc important : je pense que cette liste de questions, rangée dans mon tiroir, me resservira pour m'aider à savoir comment je pense qu'il est
bon d'élever mon/mes enfants (je radote, là encore, c'est à amender, compléter, confronter, négocier avec le Papa). Par exemple, j'ai lu que certains parents faisaient entre autres un enfant pour
faire de lui un citoyen modèle (t'as vu comme je fais bien les transitions ? :P ) Pour moi, c'est un idéal, pas un besoin de fond. Donc si mon enfant veut devenr constructeur de plateformes
pétrolières, je le soutiendrai dans ses études, comme s'il voulait devenir entomologiste. (Même si bon ... ). Car, comme tu dis, rien n'est contrôlable. Mais on peut essayer d'anticiper ses
réactions face à l'incontrolable, non ? :P Je crois que j'ai un vrai mauvais caractère, c'est une façon de protéger les autes de mes réactions "à chaud", et aussi de me protéger moi-même de
l'horrible mégère que je suis dans ces cas-là !


D'ailleurs, merci pour tes compliments. Personnellement ce manque de lâcher-prise me pèse parfois, quand je passe cinq minutes à choisir entre un lait non-bio des Monts du Forez et un lait bio de
Bretagne ... :P