Bienvenue dans mon bazar ... Mes petites et grandes idées sur l'écologie et la politique, de la musique, des dessins, des liens tous plus géniaux les uns que les autres, peut-être même des listes au Père Noël, notre mariage écolo, des bonnes adresses... Tout est là ! Mais où ?
En discutant ce week-end de notre liste de naissance, mon chéri et moi nous sommes rendus compte d'un petit déssaccord qu'il va être ardu de régler d'une façon qui convienne à tout le monde.
Ce n'est pas un point fondamental, et il s'avère qu'il est induit par les circonstances.
Je ne développerai pas plus ici parce que ce n'est pas le lieu, mais pour faire court , nous souhaitons tous les deux que le bébé, quand il sera là, profite de mon lait. Seulement, mon chéri voudrait pouvoir donner ce lait le plus souvent possible. Le souci, c'est qu'avant six semaines, il vaut a priori mieux éviter de mélanger sein et bib. La solution passerait par une tasse, ce qui a l'air assez compliqué, ou un DAL, qu'e mon chéri ne peut hélas probablement pas utiliser. L'autre possibilité, c'est le "tout bib" avec du lait tiré, mais là, c'est moi qui ne suis pas tentée.
Circonstances donc (la difficulté probable pour le bébé de gérer sein ET bib) , qui nous pousseront probablement à faire un choix qui fera un(e) mécontent(e).
Comme je le disais plus haut, je ne souhaite pas vraiment aborder les pourquoi et les comment ici (encore que des témoignages d'allaitement à la tasse ou mixte sont les bienvenus !). Ce que j'avais envie de partager avec vous, c'est la suite de mes questions.
En effet, grande est la tentation de dire "c'est mes seins, je fais ce que je veux !"
Mais ce n'est pas la question. Alors que ça l'est quand il s'agit de choisir entre le sein et le bib. Parce que ne pas souhaiter allaiter, ce n'est pas une tare...
Là où je trouve que les choses deviennent compliquées, c'est qu'il est assez facile pour une femme de prendre le contrôle sur ce qui touche à son corps. C'est valable pour le refus d'allaiter, qui mérire autant de respect que n'importe quel autre choix, pour la contraception, et aussi l'avortement. Et ce n'est pas moi qui remettrai ça en cause !
Ceci dit, c'est un très grand pouvoir...
Pendant des siècles, la sphère familiale a été le royaume de la femme/ de la mère. D'une certaine façon, ce pouvoir que nous possédons aujourd'hui et qui consiste à mettre au monde ou non des enfants, en est la continuité. Mais ces moyens qui nous sont donnés (contraception/IVG) sont des moyens de protection contre ce que la Nature peut décider, pas des armes contre les hommes! A mon sens d'ailleurs, ce serait plutôt un moyen de pouvoir construire nos vies en coopération, en équipe ... Bref, d'une façon qui soit bénéfique pour chacun.*
Aujourd'hui, une femme** (voir la suite avant de crier que je pense qu'il n'y a que les femmes qui font les tâches ménagères et qui s'occuppent des enfants! :P ) peut choisir (sauf manque de chance, mais c'est un autre sujet) quand, comment, et avec qui on décide de devenir mère. Une fois l'enfant présent, elle peut encore choisir d'allaiter ou non, de travailler ou non, et comment gérer le surplus de travail domestique (couches lavables ou jetables, lait en poudre ou tout prêt, aide à domicile pour certains points...) .
Les hommes, eux, ont (enfin) les mêmes droits les mêmes choix en ce qui concerne le travail. (Sauf qu'on leur reprochera encore plus volontiers leurs choix, passons.)
Seulement, entre nous, est-ce-qu'ils ont vraiment, vraiment les mêmes droits aussi à la maison ? Ont-ils aussi leur mot à dire sur les tâches ménagères, les tâches domestiques requises par la puériculuture, et par extension, sur l'éducation de leur enfant ? Hélas, je fréquente de nombreuses femmes qui n'acceptent pas de laisser le moindre millimètre carré de lurs prérogatives à leur co-parent. (Cf ma voisine de bureau qui appelle son mari 5 fois par jour pour lui dire quoi mettre aux enfants, quoi faire à manger, à quelle heure ...).
La pilule, le lait en poudre, les couches jetables et l'électroménager ont libéré les femmes. Ils leur ont permis de faire leur vie, de bosser et ainsi d'assurer leur indépendance financière à une période où il n'était pas possible que le changement de mentalité vienne de lui-même. C'est en quelque sorte la possibilité pour elles d'avoir la vie dont elle rêvaient qui leur a ouvert la porte,et elles ont été de plus en plus nombreuses à la franchir.
Seulement, il y a un truc qui est resté coincé dans les rouages... Pourquoi les femmes ont-elles, souvent, autant de mal à partager leur pouvoir ? Certes, nous sommes dans une société patriarcale où il reste encore beaucoup de choses à améliorer. Mais les hommes n'en sont-ils pas autant victimes que nous, quand ils n'osent pas quitter leur réunion pour un anniversaire ou prendre un jour de congé pour une angine (alors qu'on trouvera ça normal venant d'une femme), ou tout simplement dire " Ma chérie, je fais comme ça et ça marche, alors fais-moi confiance ?"
Ca peut sembler contre-productif d'offrir aux hommes le peu de pouvoir qui n'est qu'à nous. Surtout qu'il y en a de nombreux qui voudraient nous recoller derrière les fourneaux ... Mais tant que, de fait, c'est nous qui aurons dans la majeure partie des cas le rôle de cheffe de famille, comment voulez-vous que la société comrpenne qu'un parent qui prend un repos pour enfant malade, c'est un bon parent, qu'il soit de sexe masculin ou féminin ? Et que celui qui laisse sa moitié assurer "son tour de garde" est un bon parent doublé d'une personne capable de faire confiance ?
Est-ce en privant nos hommes, quel que soit le rôle qu'ils ont dans nos vies, de l'accès au domaine de la famille que nous gagnerons quoi que ce soit ? Ou sommes-nous tellement conditionnées que nous pensons toutes, quelque part au fond de notre tête, que c'est nous que les gens jugeront si notre enfant parle tard / notre appart n'est pas nickel / la chemise de notre chéri a un faux-pli ? Parce que quelque part, nosu penseriosn toutes que c'est notre rôle...?
J'ai un chéri merveilleux, et qui souhaite une place plus grande dans l'éducation (je ne suis pas sûre que le terme soit approprié ... En même temps, la communication entre le parent et l'enfant durant le temps du repas, n'est-ce-pas aussi une forme d'éducation ?) de son enfant. Comment pourrais-je lui en vouloir ?
Et comment pourrais-je me satisfaire d'une solution qui le met à l'écart, même si la solution reste à trouver?
Ce n'est pas une question de sein, de biberon, de bains et de temps passé avec l'enfant...
C'est une question de savoir donner à l'Autre toute sa place, dans le cadre d'un projet commun. Et ça n'a rien d'un symbole...
*(NB : si vous êtes homosexuell(e), vous êtes aussi bienvenu(e) ici, mais déjà que c'est compliqué comme sujet les relations hommes-femmes, je ne me hasarderai aps sur un terrain où je ne connais rien à rien ! )