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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 00:20

Bon, reprenons.

 

(Attention compte rendu de ma visite, intilme et assez détaillé. Si vous ne voulez pas savoir, vous n'êtes pas obligé(e)s de lire !)

 

Tout d'abord, elle m'a posé cent mille questions que, de mémoire, aucun gynéco ne m'avait posées, et pourtant pas indiscrètes (antécédents familieux, mais détaillés, opérations, allergies, statut de fumeuse ou pas...) Elle a fait l'historique de toute ma contraception, m'a demandé si j'étais satisfaite de celle que j'utilise, m'a demandé si j'avais pris ma décision pour après l'implant et si j'avais besoin d'une ordonnance pour la pilule.

 

Elle m'a pas demandé si j'avais un régime alimentaire particulier, mais je la pardonne (et j'ai rien dit parce que pour le moment ça sert à rien.)

 

On a abordé le pourquoi du comment, elle m'a demandé à combien de temps remontaient mes derniers examens, a grimacé, m'a expliqué pourquoi il allait falloir en refaire. J'ai rechigné, alors elle a ré-expliqué longuement, avec plein de gestes et une vraie volonté de bien faire et de pas me braquer, à quoi ça servait et pourquoi c'était important. Elle m'a demandé si j'avais été vaccinée contre le(s) papillomavirus, si j'avais déjà eu des ennuis avec eux et comme la réponse était oui, elle a dit un truc comme "Bon, je crois qu'il faudrait quand même faire un frottis (Moue compatissante)... Je sais que c'est désagréable, mais le faudra le faire un jour ... En plus, sans ça, elle sert à rien cette consultation (j'étais pas tout à fait de cet avis, moi, ça m'avait déjà aidée de savoir que ce cabinet était dans l'état d'esprit de ce que je cherchais). Je l'ai sentie génée à cette idée. Ca m'a paru presque incongru qu'elle se fasse tant de souci pour 17 euros, quand on sait que la plupart des gynécos prennent presque le double, et certains médecins 20€ juste pour une ordonnance. Et comme je savais qu'il allait falloir que j'y passe (le cancer du col de l'utérus ça se guérit bien, mais faut s'y prendre tôt ... C'est trop con comme façon de mourrir quand même), j'ai acquiescé. Elle m'a promis de faire doucement, et qu'on arrèterai, avec ou sans "résultat", si je voulais.

 

Un court résumé :

 

Le négatif :

 

J'ai été déçue, table et positions sont comme chez le gynéco, et le matos (le même là aussi) n'est pas prévu pour les nullipares et / ou les très jeunes filles : / . La prochaine fois, je me mets en jupe et je demande à la prise de RV s'ils ont le bon matos. J'm'en tape, ils ont qu'à le commander, ça se périme pas !

 

Le ou la première qui me dit que ça fait pas mal, je lui met ma main sur le nez. Même si je sais que ça ferait moins mal si j'étais moins crispée,et que, donc, j'en veux pas à Marie.

 

J'aime toujours pas l'idée de cet examen, je le trouve dégradant. Oui, je sais, c'est dur de faire autrement, c'est utile, tout ça tout ça. N'empèche que je pense qu'on impose plus volontiers ce genre de traitements aux femmes, un vieux reste de domination masculine de la médecine. Rien à voir avec une question d'anatomie ... Ou plutôt si. Comme s'il fallait maltraiter et soumettre cet endroit étrange où s'accomplit un des plus incroyables miracles qui soient, le domtper. Un jour, avec les progrès de la médecine, on fera sans, j'en suis sûre !

 

Le positif :

 

Elle m'a examinée en deux fois, j'avais donc remis le bas quand elle a examiné le haut, ça a l'air con mais j'ai apprécié de ne pas rester dévétue plus qu'il ne le faut,

 

Elle a tenu parole, stoppant tout quand je l'ai demandé, s'excusant par avance quand elle savait que ça allait être désagréable, et même m'expliquant pourquoi ça fait malheureusment toujours un peu mal,

 

Elle m'a très bien expliqué le processus AVANT de faire quoi que ce soit, et a attendu mon feu vert pour faire quoi que ce soit,

 

Je suis liiiiibre pour trois ans, du moins de ce coté là. Pour le reste des examens "de routine", je me pose encore des questions quant à leur utilité et leur fréquence. Comme je suis maniaque et que j'aime les rythmes réguliers, je vote pour un RV tous les 18 mois, avec frottis une fois sur deux. On verra bien ce que ça donne.

 

Bilan :

 

Ca a été moins pire que je ne l'appréhendais, moins bien que j'aurais voulu (je ne voulais pas faire d'examen... Je suis partagée entre la déception de pas avoir réussi à dire non, et le soulagement de voir que j'ai été "raisonnable", que j'ai tenu le coup lors des exams, que j'ai même pas eu vraiment mal et éclaté en sanglots, comme ça m'est déjà arrivé.)

 

Je suis contente d'avoir trouvé le bon endroit, moins contente de savoir que la prochaine fois, j'aurai affaire à une autre personne.

 

J'ai appris en discutant avec Marie que le gynéco qui m'enlèvera mon implant est un ami du cabinet, qu'ils travaillent beaucoup ensemble et qu'il n'a pas de problème avec le fait qu'une patiente ne fasse pas son suivi chez lui si tout va bien. Ca ça me rassure.

 

J'ai aussi appris que j'aurais, en cas de grossesse, un jour, deux sages-femmes, et j'aime pas cette idée.

 

Au passage, Marie, qui a fait son stage de SF au Canada, et moi qui en rêve, on a abordé les maisons de naissance... Rhhaaaa quel pays rétrograde !

 

Bref, je suis parée pour 18 mois sauf si gros pépin, parce que le retrait de l'implant, ça me fait pas peur. Et là, hors de question de refaire un examen !

 

Mais toujours partagée entre la fierté d'avoir tenu le coup et la honte de me laisser traiter comme ça. (Et le partager, encore plus. Mais faut que ça sorte, ou je vais finir par ruminer une semaine entière, je vais avoir le moral en berne et ça ternira encore mon souvenir (et ma libido), alors que bon, c'était supportable. Soignons le mal par le mal ...) Ce qui est étrange car on y passe toutes! Je devrais peut-être me mentaliser en visualisant des nanas que j'aime et que j'admire, et qui y sont soumises comme moi ... Bizarre, je n'ai aucun souci à les imaginer, et elles me sembleraient pas humiliées pour autant ... Alors que quand c'est moi, c'est une autre paire de manches. )

 

Je me doute que je penserai toujours que cet examen est barbare, invasif et avilissant. Allez, écrivons le une bonne fois, je trouve ça humiliant, mortifiant, violent, blessant, choquant, outrageant ...Et même si je me sens apte à le supporter physiquement, je n'arrive pas à accepter que je laisse faire un truc pareil. Que je ME le laisse faire, et que je ne fais rien pour éviter ça à mes consoeurs, aussi petite que puisse être mon action ... Parfois, je me demande si mon quatrième prénom, c'est pas Cassandre !

 

J'aimerais tant me dire c'est l'état actuel des savoirs qui fait qu'on n'a pas vraiment le choix, et que nous sommes si nobles, nous qui acceptons de souffrir ainsi parce que nous savons que notre vie et notre santé sont précieuses ...

 

C'est pas simple !

 

 

 

(PS : je me doute que ces deux notes vont susciter beaucoup de commentaires, mais je n'aurai un accès à internet que très ponctuel jusqu'à lundi soir tard. Donc si je ne réponds pas, ne vous affolez pas, je vais bien. Je suis même contente d'avoir réussi à vous dire tout ça, je crois que j'ai fait un pas de géante ... Ca me fait penser à une de mes citations préférées : « Je répéterai le mot nègre, nègre, nègre jusqu’à ce que ce mot soit totalement vidé de son sens, et que plus jamais aucun enfant noir ne pleure en l'entendant dans la cour de l'école » disait Guy Bedos - reprenant Lenny Bruce)

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Published by Le petit poison rouge - dans Les choses qui fâchent
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commentaires

Dame Claire 26/08/2011 14:05


malheureusement c’était un livre de la bibliothèque... et on a déménagé depuis... si jamais je tombe dessus sur les étagères d'une de mes amies, je penserai à toi...


Le petit poison rouge 26/08/2011 18:50



Ne t'embète pas ... Ca m'a motivée pour me réinscrire à la médiathèque !



Dame Claire 18/08/2011 12:28


après la lecture de tes articles, l'envie de te faire connaitre un livre (mais peut-être le connais-tu déjà) qui aborde, de manière romancée, les femmes et le corps médical... j'y ai appris
beaucoup
Le Coeur des femmes de Martin Winckler


Le petit poison rouge 24/08/2011 14:53



Ca fait un moment que je souhaite le lire.. Est-ce-que tu accepterais de me le prêter par voie postale?



sel 18/08/2011 09:40


ça me rappelle un truc : j'étais avec un groupe de mecs, et l'un d'eux racontait qu'un jour, il avait eu un souci "là en bas" (non, il avait pas utilisé ce terme, mais je voudrais t'épargner les
recherches google), et en gros, il expliquait combien ça avait été gênant d'aller voir le médecin (qui était une jeune femme, en plus) et tout et tout. j'avais envie de hurler, "mais bord**el,
nous, on doit faire ça régulièrement, t'es au courant?!" (il ne l'est probablement pas. comment le serait-il, d'autant qu'il est célibataire ?) et je l'ai pas fait et je m'en veux. J'ai trop
tendance à fermer ma gueule, des fois.

Sinon, comme Floh, déjà, je veux te dire chapeau, et surtout que tu ne dois pas t'en vouloir, au contraire ! Tu te rends compte ? tu as réussi à passer outre ce que tu décris comme une phobie, tu
as fait ce bon sang d'examen et tu es libérée pour 2-3 ans !
Et je voudrais reprendre une autre phrase de Floh : " mais tu ne t'y "soumets" pas, tu l'acceptes en sachant que c'est nécessaire et bon sur du long terme, et préventif (...) Tu agis là en adulte
responsable et lucide, et pas du tout en femme soumise." : c'est exactement ça, donc, je ne vais pas m'amuser à paraphraser. Tu n'as pas à avoir honte. Au contraire. mais c'est clair que ce serait
cool si une prise de sang suffisait ! mais c'est pas le cas.
Et bravo aussi d'avoir rédigé cette note.
(mais je te comprends à fond, je recule depuis maintenant peut-être un peu trop longtemps un rdv frottis. C'est "pas bien" (après tout, ce n'est que ma santé que je mets en cause), mais...)


Le petit poison rouge 26/08/2011 18:41



En ce qui concerne le premier paragraphe, je comprends tout à fait, et j'ai l'impression de me lire (le"Bordel" aussi, j'aurai pu l'écrire)...


Pour la suite, ça va mieux maintenant, mais si j'y pense, je m'empourpre toujours ... Compliquée, tu dis ?



Floh 18/08/2011 08:31


Bon, déjà BRAVO :) Je suis fière de toi :) D'avoir réussi à faire cet examen, et de l'avoir écrit ici.
Il faut vraiment que je te réponde par mail, promis j'essaye de le faire d'ici ce week-end.
Pour le suivi de grossesse par plusieurs SF et plusieurs personnes, je vais peut-être laisser les mamans ou femmes enceintes témoigner. Et te dire comment ça s'est passé. Je comprends que ça te
pose problème, mais je peux aussi te dire que ça peut très bien se passer, j'en suis sûre. Bien sûr, tu n'es jamais à l'abri d'un manque de compatibilité de caractère, mais si tu as préparé le
terrain et fait un projet de naissance solide et respecté, et bien repéré les lieux, l'équipe doit médicale, quelle qu'elle soit, doit normalement suivre dans le respect de la ligne directrice de
la clinique...
Pour les examens que tu as eus maintenant: je ne pense pas qu'il faille t'en vouloir de ne pas avoir dit non. Pourquoi, au contraire, ne pas te dire que tu es tombée sur quelqu'un qui a
suffisamment réussi à te convaincre et t'a pleinement respecté à propos de quelque chose qui te paraissait totalement insurmontable? Même si c'est une remplaçante, c'est la personne qu'il te
fallait à ce moment.
Je crois aussi qu'une de tes phrases clé est d'avouer que lorsque tu penses à d'autres personnes qui font cet examen, tu n'as pas la même image que celle que tu te renvoies à toi-même...c'est donc
bien cette image de toi qu'il faut que tu arrives à modifier, à changer. Tu arrives à faire cet examen en toute connaissance de cause, en sachant que c'est un très mauvais moment à passer (et oui,
même avec toute la douceur du monde, ça fait mal, je suis ok), mais tu ne t'y "soumets" pas, tu l'acceptes en sachant que c'est nécessaire et bon sur du long terme, et préventif. En ayant tous les
bons arguments que tu as toi-même écrits. Tu agis là en adulte responsable et lucide, et pas du tout en femme soumise. Si tu savais qu'il y a la moindre possibilité d'éviter cet examen et de faire
autrement, tu sais que tu l'aurais demandé et que tu aurais fait des pieds et des mains pour avoir l'alternative.
Oui nous sommes en 2011 et oui, malheureusement (mais de façon assez logique aussi), il n'y a pas moyen de vérifier certaines choses "là en bas" pour les femmes autrement qu'en y faisant un examen
direct (et non détourné comme une pds etc). Alors oui aussi, la position n'est pas du tout confortable, c'est un peu dommage que chez ta sf il y ait le classique des étriers, mais peut-être que tu
peux aussi discuter de ça avec elle (enfin, celle à qui appartient le cabinet) et qu'elle t'expliquera pourquoi elle a choisi de garder les étriers?
Voilà pour les premières choses qui me viennent à l'esprit. Mais vraiment, je suis très fière de toi ;) Et j'essayerai de développer un peu plus en privé.
Bises et bon week-end :)


Le petit poison rouge 26/08/2011 18:49



Hé, coucou toi ... :)


Pour le suivi, j'ai loooonguement prlé avec mon chéri, et même s'il ne sera pas avec moi lors des consult' "classiques" à priori, le fait de me sentir soutenue intelligemment (à savoir qu'il
n'hésite pas à me donner son avis, quand il est contraire au mien, et qu'on construit un peut tout comme ça, pierre à pierre) me donne pas mal de "courage". Mon nouveau gynéco, que je dois voir
pour l'implant, exerce dans la clinique qu'on a d'ores et déjà choisie (à 5 minutes de chez nous, excellente réputation - j'ai rencontré par hasard une nana qui y a accouché, et qui m'en a dit
beaucoup de bien : intimité (relative), ballon, bain ...)


Pour le reste, je suis encore partagée. Je ne me suis pas sentie "si" respectée, plutôt ménagée dans la limite de ce qui était possible pour la SF ... Effectivement, c'est en rapport avec l'image
de moi, mais comment et pourquoi, j'y travaille encore.


Peut-être, même si ça a l'air d'un détail, à cause de cette fameuse position ? Il faudra effectivement que j'en parle à la titulaire. Et je crois bien que je lui parlerai (gentiment) de ma
déception première qu'elle ne m'aie rien dit pour la remplaçante (en prenant bien garde à dire quand même, aprce que c'est vrai, qu'elle a été pas loin de la perfection !)