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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 15:45

Il ne s'agit pas d'en finir avec le végétarisme et le végétarisme, vous vous en doutez ! Ou alors, vous venez d'arriver ici, et vous êtes le(s) bienvenu(e/s) !

 

Poue ne pas mourir idiote, j'ai regargé l'Adieu au Steak. Je n'ai pas vraiment trouvé ce documentaire révolutionnaire, mais il était loin d'être nul ! Je ne l'ai pas trouvé génial, génial, car, comme il s'agit d'une problématique à laquelle je m'intéresse depuis longtemps, je n'ai pas appris grand-chose.

 

Si ce n'est que je n'avais jamais vraiment réfléchi (pourtant, je l'avais remarqué, mais pas analysé) à "l'histoire anthroplologique" qui fait qu'en Occident, la consommation de viande est associée à la force, et à la virilité. Ce qui explique en partie pourquoi les femmes sont un peu moins "harcelées" par les omnivores pas malins ( je répète encore, tout le monde n'est aps comme ça, mais oui, il y en a. Des végétariens pas malins aussi, mais j'en croise mois !)  que les hommes végétariens, et le pourquoi de l'idée très couramment répandue que "la viande, c'est un truc de mec". Surtout rouge et saignante d'ailleurs.

 

Je n'ai pas de commentaire à faire à ce sujet, sinon que, si l'on se juge à l'aune de ce que pensent les autres de nous, il faudait alors avoir un steak dans son assiette, une grosse voiture, une R*lex et un écran plat, et que c'est justement ce contre quoi je m'élève. Accessoirement, le reportage montre très bien à quel point, dans les pays en voie de développement, manger de la viande est un signe de richesse. Sans avoir besoin d'aller si loin, parlez-en à des gens très agés, ou à ceux qui ont connu une guerre ! Attention, loin de moi l'idée de dire qu'une guerre ou une privation quelconque est une bonne chose. Ceci dit, à une époque, la viande était un mets de luxe. La société a changé, et aujourd'hui, nous avons de quoi nous nourrir. Manger de la viande, qui a gardé son image de produit "noble", c'est faire preuve d'une certaine aisance.

 

Pour autant, la viande est-elle toujours un produit de luxe ? Je dirais que, malheureusement, ce n'est pas le cas. En effet, les élevages en batterie permettent de "produire" de nombreux animaux à bas prix, ce qui dope la consommation. Et est mauvais pour la santé publique. (A ce propos, saviez-vous que pour accroître votre risquede cancer colorectal, il suffit de 300 g de viande rouge par semaine ? ) Pour s'en persuader, il suffit de se demander si on mangerait pareil si la viande coûtait deux fois plus cher. Cinq fois ? Dix fois ? Il n'est pas question, à mon sens, de faire gonfler ce prix artificiellement, parce que cela pénaliserait les plus pauvres. Cependant, ce prix est abaissé de façon tout à fait artificielle aujourd'hui, par le biais des subventions. L'erreur majeure de l'Europe a ainsi été de subventionner massivement les agriculteurs pour les sauver, au lieu de leur permettre de vivre de leur travail.  (Ce qui, c'est ce que j'ai appris d'autre, permet à l'Europe d'inonder les marchés africans de ses surplus, foutant un bordel sans nom dans l'économie locale.)

 

Cela dit, que l'on soit riche ou modeste, il est connu et reconnu qu'une alimentation végétarienne peut être aussi équilibrée qu'une alimentation non-VG, à condition de faire un peu attention (tout comme, pour avoir une alimentation non-VG équilibrée, il ne suffit pas, loin de là, de manger de la viande/du poisson ... Il faut également ne pas délaisser les légumes, les féculents ... Je suis persuadée que mon alimentation est bien plus équilibrée que celle de beaucoup de non-VG, qui croient qu'il suffit de "manger de tout" pour être en bonne santé. Et qui abusent de produits animaux, ou transformés... )

 

En revanche, il me semble qu'interdire certaines condition d'élevage est un devoir éthique. Et que redéployer les crédits alloués aux élevages industriels vers les produits qui sont vraiment indispensables ( légumes, légumineuses, féculents "naturels" comme le riz) ne peut qu'avoir un impact positif sur les plus modestes, surtout quand on voir aujourd'hui le prix des légumes. Car c'est bien ici que le bât blesse : aujourd'hui, "mal" cuisiner végétarien revient plus cher que de servir un repas non-VG de mauvaise qualité ... Quand on est harrassé par le travail et que les fins de mois sont difficiles, il n'est pas forcément simple de réapprendre à cuisiner, à se débrouiller, à optimiser ... Même si au final, ça revient moins cher une fois qu'on a appris à acheter en respectant les saisons, car quand la récolte bat son plein, les végétaux sont moins chers ...

 

D'une certaine façon, ce mécanisme contraindrait quand même les plus modestes, car le prix de la viande attendrait un niveau dont nous n'avons plus l'habitude. En même temps, il est de plus en plus évident que la consommation de trop de viande (rouge, en tout cas, ou charcuterie) joue un rôle dans la fréquence et l'âge d'appartition de certaines maladies, alors que la consommation de légumes serait plutôt de nature à protéger les personnes (c'est pas moi qui le dis, mais l'Institut national du Cancer !)  ... Quelque part, ce ne serait guère plus immoral que d'augmenter le prix du tabac. Et cela permettrait peut-être enfin aux éleveurs de vivre de leur travail plutôt que de subventions, d'être payés à la valeur de leur travail ...

 

De plus, consommer du tabac est généralement un choix personnel, mais qui n'a de conséquence que sur le fumeur. La consommation de viande, en revanche, si elle ne nous coûte presque rien, est un luxe pour la planète. 95% du soja produit aujourd'hui est par exemple destiné à l'alimentation animale. Laquelle, au passage, a un rendement de l'odre de 15 à 20% (pour du boeuf, pour faire simple). Vous imaginez le gaspillage ? L'eau, les terres arables, les engrais, les pesticides ? Sans parler du coût hallucinant en terme de perte de la biodiversité, et de ce que les grosses compagnies, qui dominent sans partage, imposent aux paysans d'Amérique du Sud (et aux Etats, puisqu'elles ont des budgets bien supérieurs... sans parler de l'OMC) , simplement parce que nous ne savons pas, en Occident, résister à la promesse d'un steak bien juteux ?

 

Pour faire simple, et pour clore cette longue série, il me semble que la viande est un produit de luxe, que nous ne payons pas à sa juste valeur. La question centrale, ce n'est pas de se priver ou de ne pas se priver... C'est de savoir, parce que c'est un fait, que la planète est limitée, et les ressources avec. Pour que notre mode de vie soit durable, nous n'avons pas le droit de consommer plus que ce qu'elle produit en un an... Faute de quoi, nous contractons une dette écologique vis à vis des générations futures set des pays les plus pauvres.

 

Pour faire simple, il est une métaphore que j'utilise souvent : en début de mois, nous sommes payés. Aevc cet argent, nous devons d'abord assurer nos besoins vitaux : manger, dormir -de préférence à l'abri-, avoir de l'eau, l'énergie nécessaire à nous chauffer si besoin ... Ensuite, (c'est très shématique) , nous pouvons, avec l'argent qui nous reste, décider d'acheter mille babioles, aussitôt possédées, aussitôt oubliées, et qui ne satisferont au final pas notre besoin de possession, car nous ne les aurons désirées que le temps qui correspond à leur prix. Alors que si nous devons patienter un mois pour nous les offrir, elles ont tout de suite plus de valeur à nos yeux... Ainsi, je préfère économiser pour m'offrir un bel objet quand j'en ai l'envie et le besoin,et avoir la satisfaction de n'être pas à découvert à la fin du mois.

 

En ce qui concerne notre alimentation, sa fonction principale est de nous nourrir, et de nous apporter de quoi vivre en bonne santé. Quoique l'on dise ensuite, tout le reste est superflu. Cela ne veut pas d'ire qu'on ne doit pas avoir de plaisir à se nourrir ... Au contraire, pouvoir se nourrir correctement tous les jours est une chance, il faut la savourer. Je crois que, dans cette optique, il est sage de consommer des produits "de luxe" rarement, car ainsi, on en profite mieux ... Et on ne creuse pas son déficit !

 

De plus, l'alimentation n'est qu'une de nos nombreuses activités. Si demain, un "compteur écologique" mesurait votre empreinte carbone, et vous interdisait de vous offrir quoi que ce soit de superflu quand vous seriez  "dans le rouge", en reportant votre "découvert" de mois en mois, de quoi vous passeriez vous en premier ? Votre voiture ? Votre shopping ? Votre ordinateur ? Votre steak ?

 

Moi, j'ai fait le choix de me passer de viande, d'abord, puis, récemment,de devenir "flexitarienne". Mon dernier repas avec de la viande ou du poisson remonte à ... Ouh là, je ne sais plus, honnètement. Trois semaines ? En tout cas, je ne ressens aucun manque. D'une certaine façon, même si c'est immatériel, je sais que je contribue à ne pas empirer les choses. Et j'en suis plutôt contente. Assez contente pour ne pas noyer mol mal-être dans la junk-food, ou me consoler avec un gros steak ... La boucle est bouclée !

 

Et encore, je n'aborde pas (encore ? ) le chapitre, pourtant intéressant, de la souffrance animale. Parce que je crois que devenir ne serait-ce qu'un peu végétarien, c'est culturellement difficile pour un Européen, et qu'il n'y arrivera qu'en se rendant compte que la consommation de viande (ou de poisson, hein !) a un impact énorme sur : la Terre, les gens qui y vivent, les écosystèmes. Ensuite seulement, je crois que les gens seront prêts à réfléchir (simplement réfléchir sans parti pris, c'est déjà énorme) à la question de la souffrance animale...

 

http://www.librairiegourmande.fr/boutique/im/articles/nobu_vegetarian.jpg

Après, manger VG, c'est vrai que c'est triste, cf l'image ci-dessus ... :D

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Published by Le petit poison rouge - dans Mieux manger
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Mia 03/04/2012 18:14


Oui l'impact sur l'environnement est complexe car jamais pensé, jamais abordé, jamais conscientisé, jamais imaginé par les non-vg. Et je peux l'affirmer du haut de ma petite expérience il y a 7
ans quand j'ai gagné un concours en proposant des repas sans viande pour un concours d'économie de ressources, que BEAUCOUP de gens (a priori dont le cerveau fonctionne) ne "voyaient pas le
rapport" (je cite) entre mon projet et le thème... CQFD...


Quand je lis tes mots "on ne sait pas ce que les animaux pensent", ça me fait penser à un reportage sur l'éducation que j'avais vu qui disait "qu'avant" un bébé n'était pas considéré comme un
être à part entière (niveau souffrance...)


De mon côté, en tant que vg, je ne fais pas beaucoup de militantisme axé sur la cruauté. Je sais que certaines personnes pourraient être hyper choquées par les images alors je commence par la
parole. S'ils ne "voient" pas, alors je montre...
Une des occasions où je parle de cruauté, de mort... c'est dans les discussions axées animaux type "oh le pauvre petit lapin écrasé sur la route, il était tellement mignon". J'avoue qu'un "mignon
ou pas ça ne te dérange pas de mettre son cadavre dans ton assiette" peut m'échapper... :-)

Le petit poison rouge 10/04/2012 20:32



Je vois qu'encore une fois, on est sur la même longueur d'ondes ... :) Pour les trois premiers sujets en tout cas. Pour le quatrième, jamais fait encore... Mais ça m'arrive d'y penser !



Mia 01/04/2012 21:20


Je ne sais pas s'il faut "attendre" pour suggérer aux gens de réfléchir à la question de la souffrance animale. En ce moment le débat est ouvert sur les questions de viande hallal et il suffirait
d'un coup de pouce pour les orienter vers les conditions de vie "en amont" de la mort...
Ca ne coûte rien de réfléchir...


Je suis en train de regarder le reportage sur le steak et j'ai pris des notes que je posterai. J'ai retenu quelques expressions comme le chinois qui dit "avoir les moyens de ses envies" (...) et
la chinoise qui dit "quand j'étais petit la viande c'était une délicatesse"

Le petit poison rouge 02/04/2012 13:27



Je ne sais pas non plus ... Cela ne coûte effectivement rien de réfléchir, mais la consommation de viande impacte énormément sur l'ensemble de la planète et des humains qui l'habitent. Il me
semble que la majorité des non-VG peuvent être plus sensibles à cet aspect qu'à l'aspect de la souffrance animale. Lequel est souvent carrément nié, y compris par des gens qui, soi-disant, s'y
connaissent : vétérinaires, scientifiques ... qui n'hésitent pas à dire que l'animal ne peut pas avoir peur de la mort (puisqu'il ne la connaît pas et ne peut la conscientiser), ou qu'il "ne
souffre pas comme nous"... Je ne suis pas une sicentifique, mais, jusqu'à preuve du contraire, on ne peut pas savoir ce que les animaux pensent.


Ceci dit, comprendre l'impact global de la consommation de viance nécessite de faire l'effort de comprendre toute la chaîne (déforestation, engrais, fourrage, animal, abattage, commerce ...), ce
qui n'est pas facile parce que c'est très complexe (et finalement très politique) .


Alors que la compréhension de la souffrance animale est moins intellectuelle, plus abordable ... En même temps, et justement pour cette raison, je trouve que de nombreux non-VG refusent de se
renseigner sur les méthodes d'abbatage, les conditions de vie des bêtes... Même si les choses sont faites avec le moins de cruauté possible, les animaux saignent, meurent, pour notre bon plaisir.
Et ça, ça les remet tellement en cause qu'ils refusent tout simplement de voir que  cela existe ... Quitte à accuser de cruauté les VG qui leur montrent des images de ce à quoi ils
participent ...