Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 12:59

En discutant ce week-end de notre liste de naissance, mon chéri et moi nous sommes rendus compte d'un petit déssaccord qu'il va être ardu de régler d'une façon qui convienne à tout le monde.

 

Ce n'est pas un point fondamental, et il s'avère qu'il est induit par les circonstances.

 

Je ne développerai pas plus ici parce que ce n'est pas le lieu, mais pour faire court , nous souhaitons tous les deux que le bébé, quand il sera là, profite de mon lait. Seulement, mon chéri voudrait pouvoir donner ce lait le plus souvent possible. Le souci, c'est qu'avant six semaines, il vaut a priori mieux éviter de mélanger sein et bib. La solution passerait par une tasse, ce qui a l'air assez compliqué, ou un DAL, qu'e mon chéri ne peut hélas probablement pas utiliser. L'autre possibilité, c'est le "tout bib" avec du lait tiré, mais là, c'est moi qui ne suis pas tentée.

 

Circonstances donc (la difficulté probable pour le bébé de gérer sein ET bib) , qui nous pousseront probablement à faire un choix qui fera un(e) mécontent(e).

 

Comme je le disais plus haut, je ne souhaite pas vraiment aborder les pourquoi et les comment ici (encore que des témoignages d'allaitement à la tasse ou mixte sont les bienvenus !). Ce que j'avais envie de partager avec vous, c'est la suite de mes questions.

 

En effet, grande est la tentation de dire "c'est mes seins, je fais ce que je veux !"

 

Mais ce n'est pas la question. Alors que ça l'est quand il s'agit de choisir entre le sein et le bib. Parce que ne pas souhaiter allaiter, ce n'est pas une tare...

 

Là où je trouve que les choses deviennent compliquées, c'est qu'il est assez facile pour une femme de prendre le contrôle sur ce qui touche à son corps. C'est valable pour le refus d'allaiter, qui mérire autant de respect que n'importe quel autre choix, pour la contraception, et aussi l'avortement. Et ce n'est pas moi qui remettrai ça en cause !

 

Ceci dit, c'est un très grand pouvoir...

 

Pendant des siècles, la sphère familiale a été le royaume de la femme/ de la mère. D'une certaine façon, ce pouvoir que nous possédons aujourd'hui et qui consiste à mettre au monde ou non des enfants, en est la continuité. Mais ces moyens qui nous sont donnés (contraception/IVG) sont des moyens de protection contre ce que la Nature peut décider, pas des armes contre les hommes! A mon sens d'ailleurs, ce serait plutôt un moyen de pouvoir construire nos vies en coopération, en équipe ...  Bref, d'une façon qui soit bénéfique pour chacun.*

 

Aujourd'hui, une femme** (voir la suite avant de crier que je pense qu'il n'y a que les femmes qui font les tâches ménagères et qui s'occuppent des enfants! :P )  peut choisir (sauf manque de chance, mais c'est un autre sujet) quand, comment, et avec qui on décide de devenir mère. Une fois l'enfant présent, elle peut encore choisir d'allaiter ou non, de travailler ou non, et comment gérer le surplus de travail domestique (couches lavables ou jetables, lait en poudre ou tout prêt, aide à domicile pour certains points...) .

 

Les hommes, eux, ont (enfin) les mêmes droits les mêmes choix en ce qui concerne le travail. (Sauf qu'on leur reprochera encore plus volontiers leurs choix, passons.)

 

Seulement, entre nous, est-ce-qu'ils ont vraiment, vraiment les mêmes droits aussi à la maison ? Ont-ils aussi leur mot à dire sur les tâches ménagères, les tâches domestiques requises par la puériculuture, et par extension, sur l'éducation de leur enfant ? Hélas, je fréquente de nombreuses femmes qui n'acceptent pas de laisser le moindre millimètre carré de lurs prérogatives à leur co-parent. (Cf ma voisine de bureau qui appelle son mari 5 fois par jour pour lui dire quoi mettre aux enfants, quoi faire à manger, à quelle heure ...).

 

La pilule, le lait en poudre, les couches jetables et l'électroménager ont libéré les femmes. Ils leur ont permis de faire leur vie, de bosser et ainsi d'assurer leur indépendance financière à une période où il n'était pas possible que le changement de mentalité vienne de lui-même. C'est en quelque sorte la possibilité pour elles d'avoir la vie dont elle rêvaient qui leur a ouvert la porte,et elles ont été de plus en plus nombreuses à la franchir.

 

Seulement, il y a un truc qui est resté coincé dans les rouages... Pourquoi les femmes ont-elles, souvent, autant de mal à partager leur pouvoir ? Certes, nous sommes dans une société patriarcale où il reste encore beaucoup de choses à améliorer. Mais les hommes n'en sont-ils pas autant victimes que nous, quand ils n'osent pas quitter leur réunion pour un anniversaire ou prendre un jour de congé pour une angine (alors qu'on trouvera ça normal venant d'une femme), ou tout simplement dire " Ma chérie, je fais comme ça et ça marche, alors fais-moi confiance ?"

 

Ca peut sembler contre-productif d'offrir aux hommes le peu de pouvoir qui n'est qu'à nous. Surtout qu'il y en a de nombreux qui voudraient nous recoller derrière les fourneaux ... Mais tant que, de fait, c'est nous qui aurons dans la majeure partie des cas le rôle de cheffe de famille, comment voulez-vous que la société comrpenne qu'un parent qui prend un repos pour enfant malade, c'est un bon parent, qu'il soit de sexe masculin ou féminin ? Et que celui qui laisse sa moitié assurer "son tour de garde" est un bon parent doublé d'une personne capable de faire confiance ?

 

Est-ce en privant nos hommes, quel que soit le rôle qu'ils ont dans nos vies, de l'accès au domaine de la famille que nous gagnerons quoi que ce soit ? Ou sommes-nous tellement conditionnées que nous pensons toutes, quelque part au fond de notre tête, que c'est nous que les gens jugeront si notre enfant parle tard / notre appart n'est pas nickel / la chemise de notre chéri a un faux-pli ? Parce que quelque part, nosu penseriosn toutes que c'est notre rôle...?

 

J'ai un chéri merveilleux, et qui souhaite une place plus grande dans l'éducation (je ne suis pas sûre que le terme soit approprié ... En même temps, la communication entre le parent et l'enfant durant le temps du repas, n'est-ce-pas aussi une forme d'éducation ?) de son enfant. Comment pourrais-je lui en vouloir ?

 

Et comment pourrais-je me satisfaire d'une solution qui le met à l'écart, même si la solution reste à trouver?

 

Ce n'est pas une question de sein, de biberon, de bains et de temps passé avec l'enfant...

 

C'est une question de savoir donner à l'Autre toute sa place, dans le cadre d'un projet commun. Et ça n'a rien d'un symbole...

 

*(NB : si vous êtes homosexuell(e), vous êtes aussi bienvenu(e) ici, mais déjà que c'est compliqué comme sujet les relations hommes-femmes, je ne me hasarderai aps sur un terrain où je ne connais rien à rien ! )

Partager cet article

Repost 0
Published by Le petit poison rouge - dans Le petit poison cogite
commenter cet article

commentaires

Shashou 21/08/2012 09:09


Bonjour,


 


je te lis depuis un certain temps sans avoir jamais pris le temps de te répondre ... mais je me suis dit que cette fois, j'allais te faire profiter de mon expérience. Mon mari aussi tient a
s'impliquer uatnt que moi dans l'éducation de notre petit bonhomme. Il tenait à ce que je l'allaite et m'a poussée au départ quand je ne coyais pas en moi (j'étais sure que je n'y arriverais pas,
que je n'aurais pas assez de lait, ...) mais il avait aussi besoin de moments pour exprimer son amour de papa. On a donc décidé que le bain serait son moment (avant 6 mois, je n'avais jamais
donné le bain), c'est un vrai bonheur pour moi de les voir jouer ensemble et je ne regrette pas d'avoir "partagé"!


lorsque j'ai recommencé à travailler, le pti bonhomme mangeait 4 repas par jour (un de moins qu'habituellement pour les enfants de son âge) et j'ai réussi a m'organiser pour maintenir
l'allaitement le matin, à 5h et avant d'aller dormir. Le biberon de midi a donc pu etre donné par le papa le we... ensuite, lorsqu'il a eu besoin de manger plus, plutot que d'arreter le sein, on
a donné des compléments au biberon (moments pour le papa).


 


le papa a aussi tenu a etre celui qui va le chercher le matin dans son lit, qui lui donne le bisou de bonjour...


 


mon expérience me pousse a croire qu'il ne faut pas se battre pour un moment en particulier mais plutot de chercher dans quel moment on peut le mieux exprimer son amour pour l'enfant ... c'est
dur la première seconde puis lorsqu'on voit les deux amours de sa vie avec un lien de complicité tel que cela la c'est magique :-)


 


je vous souhaite de trouver votre équilibre de couple et de famille :-)


bonne continuation

Le petit poison rouge 27/08/2012 13:59



Bonjour Shashou, et merci pour ce commentaire très instructif, qui nous conforte dans notre idée et nous rassure... Nous avons effectivement décidé que le bain serait ZE moment du Papa, et pour
le reste, on se fait confiance pour trouver l'équilibre au fur et à mesure, comme il semble que vous l'ayez fait... On a hâte !


Au plaisir de te lire !



Mia 09/08/2012 18:42


Petit problème ou gros problème, j'espère juste que vous trouverez la solution qui Vous convienne...


Du coup j'ai lu en travers qqs trucs sur l'instinct paternel :


D'après Ca m'intéresse, l'instinct paternel "c'est un fait" : http://www.caminteresse.fr/questions_reponses/les_qr/comportement_psychologie/l_instinct_paternel_existe_t_il


Un article qui parle d'une étude sur le sujet (mais surtout axé sur les hormones / le sexe) : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/193641-l-instinct-paternel-une-mauvaise-bonne-nouvelle.html


Et sur un forum : http://www.jeunepapa.com/Forum/sujet-2286-1.html 

Le petit poison rouge 11/08/2012 14:25



C'est pas vraiment un problème, c'est juste qu'on est un peu frustrés l'un et l'autre de nous apercevoir que la solution qui représentait le parfait compromis (aussi bien entre nous qu'en terme
de facilité, de temps, de possibilité de repos pour moi...) est difficilement envisageable au moins au début :/


En voilà des lectures intéressantes ! (Et j'ai un super livre aussi qui m'attend ...)


Merci Mia !



Lila 08/08/2012 19:13


Pour ce qui est de la place du père dans la sphère familiale, je me rends compte que même si les parents sont bien décidés à être aussi impliqués l'un que l'autre dans l'éducation de leur enfant
et à assumer ensemble les responsabilités, dans les faits c'est compliqué à mettre en place. Ne serait-ce que parce que dès les premiers jours de vie, la mère est avec son enfant en permanence,
contrairement au père. Il est alors difficile pour la mère de ne pas prendre l'ascendant et d'expliquer "comment il faut faire". 


Je n'interviendrai pas sur l'allaitement en ce moment, mais je pense que cette interrogation aura au moins eu l'avantage de soulever cette question de façon concrète, après, à chaque couple de
trouver son équilibre

Le petit poison rouge 11/08/2012 14:21



Bonjour Lila, ravie de te lire ... Pendant les premiers jours, il est parfois possible, avec la "complicité" de l'hôpital et si le père peut/veut prendre ses congés paternité tout de suite, qu'il
soit là quasiment sans interruption... A ce propos, c'est un peu hors-sujet, mais même si je conçois qu'il peut être très bien de garder la maman sous surveillance à l'hôpital les premiers temps,
je trouve qu'il y a des aménagements à faire, justement pour ne pas exclure le père...


Je pense à vous !



Mia 07/08/2012 20:03


Ouh là, y'a plus les espaces entre les paragraphes. Désolée, c'est compact !

Le petit poison rouge 08/08/2012 14:10



Pas grave, je te connais ... :p Miss pavé ! :)



Mia 07/08/2012 20:02


Comme Anna, voici un avis de non expérimentée mais de curieuse !


Si je comprends et approuve la majorité du billet (oui à une construction en équipe de la vie commune, oui au partage des tâches, oui au dialogue, oui à l'ouverture de la sphère "de la maison"
aux hommes), je tique un peu sur les arguments concernant l'allaitement et la grossesse.


L'extrême serait de voir le corps de la femme comme une baignoire pour le bain du bébé ou comme un four dans la cuisine ou comme un étendage pour le linge, bref comme un objet dont le co-parent
pourrait disposer pour leur fameux "projet commun". Chérie je vais faire un gâteau dans le four vs. chérie je vais te mettre un bébé dans l'utérus... En gros, ça a beau être ton corps, t'as qu'à
partager.


Pour moi l'instinct existe. Maternel, paternel, j'en sais trop rien. Mais y'a des choses qui sont dans nos tripes depuis toujours et qui peuvent s'exprimer si on fait abstraction de notre
conditionnement et si on arrive à dompter nos peurs.
Tu parles de l'instant comme si c'était quelque chose de mal. Pour moi ça explique des choses, tout simplement.


De la même façon, les femmes ont un utérus, les hommes non (biologie).  On a pu accéder à des boulots identiques à ceux des hommes car hommes et femmes ont des neurones. Certaines ont
développé des muscles suffisants pour avoir des métiers très physiques. Mais pour l'instant l'homme ne peut pas être enceinte et je ne sais pas si c'est parce que j'ai les bons chromosomes, mais
je me dis que c'est "comme ça" et je ne suis pas pour des modifications génétiques par exemple pour que ça change. A priori ça fonctionne chez tous les mammifères, pourquoi vouloir changer la
"nature" ? Pour une pseudo-égalité qui physiquement n'existe pas ? Pourquoi jouer les apprentis sorciers alors que le fonctionnement est déjà magique ?


La femme a des seins... et à un moment donné après une grossesse, y'a un truc magique qui se produit, y'a du liquide qui sort, gratuitement et en quantité et magie suprême, il est super adapté au
petit bébé qui vient de naître.


Comme le dit souvent quelqu'un de très proche de moi, "quand c'est simple, c'est juste". Et là, c'est simple... donc ça me paraît juste... C'est même magique je trouve.


On peut voir à ce sujet une sorte d'injustice car je ne vois pas de domaine où c'est l'inverse. Dans lequel l'homme pourrait faire quelque chose que la femme ne peut pas physiquement,
biologiquement faire... (encore une fois, je suis du "bon côté")


Et si l'homme et la femme était tout simplement complémentaire ? Complémentaire dans leurs différences ? Si on considère que l'accouchement fatigue la femme, alors heureusement que l'homme est là
pour pouvoir nourrir sa femme qui va nourrir son enfant (ah... mais c'est qu'aujourd'hui l'hôpital nourrit la dame ! Bon, j'écris en même temps que je réfléchis, ce n'est pas très construit)


Je trouve votre situation moins compliquée que dans un couple où l'un est pour l'allaitement et l'autre contre. Là, l'HC est a priori pour le lait maternel, dans l'intérêt du bébé j'imagine.
Est-ce que ce n'est pas ce qui doit compter ? J'ai conscience d'être un peu directe et s'il me lit j'espère qu'il ne le prend pas mal, mais si toi t'es prête à allaiter, que lui est pour le lait
maternel, quel est l'intérêt de son côté qui pourrait faire basculer la balance de l'autre côté ? Potentiellement il peut porter le bébé, le laver, le promener, le câliner, le laver (oui je sais
tu as dit que ce n'était pas histoire de temps passé avec le bébé)... Pourquoi vouloir à tout prix le nourrir lui pendant ces 6 semaines même partiellement ? Pour créer du lien ? Par envie ?


Pour avoir lu des témoignages, je pense que pour le sujet même de l'allaitement, le père peut avoir un rôle primordial. Par rapport au reste du monde (soutenir le choix du couple d'allaitement,
trouver des interlocuteurs utiles si à la maternité on tombe sur des bras cassés en terme de conseil) mais aussi par rapport au binôme maman / bébé. Oeil extérieur sur la position du bébé,
soutien moral de la maman, présence pour le bébé... Je pense qu'on peut allaiter... à trois...


Pour essayer de faire un parallèle un peu bancal, qui m'est inspiré au vu de mes problèmes d'appuis :
imaginons une famille avec une maman qui a un souci de santé. Elle a la jambe cassée et un truc qui l'empêche de sortir au soleil. Il est admis que promener le bébé et lui faire profiter de la
lumière naturelle est "bien" pour l'enfant et que le père est apte à la promenade en extérieur. Est-ce que toi en tant que mère éclopée pendant (au hasard, 6 semaines), tu préfèrerais que
l'enfant soit promener en intérieur, voire soit promener exclusivement dans une poussette et non pas dans les bras sous prétexte d'égalité entre lui et toi ? d'envie de le promener que toi ?
(bon c'est un exemple bancal, je l'avais dit).


Bref, ce n'est qu'un avis, le mien !


Bonne réflexion à tous les deux !

Le petit poison rouge 08/08/2012 14:19



Je suis d'accord sur le paragraphe femme-objet (de puériculture en l'occurence) . C'est justement ça qui m'intéresse, la difficulté de trouver le juste milieu !


Je parle de l'instinct, non pas comme si c'était quelque chsoe de mal, mais je me méfie du concept d'instinct maternel. Parce que ce vocable sous-entend que les femmes savent mieux s'y prendre
avec les enfants... Dans la limite où l'on ne parle jamais d'instinct paternel! C'est une bonne façon de les inciter, donc, à s'y consacrer...


Y'a aucun souci à ce que tu sois directe ! :) De toute façon, si ça posait vraiment vraiment un problème, je n'aurais peut-être pas écrit là-dessus dans un espace public. J'ignore pourquoi c'est
si important pour lui de pouvoir nourrir son petit... En tout cas, j'espère que quand il/elle sera là, il trouvera une place qui lui convienne, même s'il ne peut pas donner le bib / le DAL /
autre chose.


En tout cas, mes amies qui allaitent confirment toutes l'importance du père, alors j'ai hâte de voir ça de plus près ! Et surtout, j'ai hâte que lui se rende compte de à quel point il est
précieux, même s'il "ne fait rien" (c'est pareil pour la grossesse, il ne se rend pas compte à quel point il m'aide ! Et pourtant je lui dis souvent !)


Merci pour ce long commentaire... Et pour la citation, elle me plaît bien !