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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 12:16

Ca serait facile, n'est-ce-pas, si on pouvait répondre à cette question par oui ou par non ... Mais ce n'est pas si simple.

 

D'abord, je crois qu'il existe dans le végétarisme et ses variantes tout un tas de sensibilités, de raisons, d'arguments, de motivations. Et je crois qu'elles sont toutes valables.

J'avoue que pendant longtemps, j'ai mangé du poisson sans aucun problème. Et si aujourd'hui, je fais l'expérience que je fais (et que j'ai bien du mal à appeler flexitarisme, car ce terme est beaucoup-trop fourre tout à mon goût. D'ailleurs, mon cher et tendre me surnomme pour rire "broutovore", mais si vous avez une idée d'un terme clair, je prends ... J'avais pensé à Ecotarien(ne), ça vous parle ?), et que je vise à long terme d'en manger moins, je ne suis pas forcément motivée par la souffrance des poissons. Pourtant, je sais qu'elle doit exister... Mais j'ai du mal à me la figurer. C'est peut-être un peu idiot et très anthropocentré, mais je me sens plus proche d'un agneau, d'une vache ... Peut-être parce que je les cotoie plus souvent. Tout comme, à force de cotoyer chiens et chats, il ne me viendrait pas à l'idée de les manger... Culturel ? Oui ... Mais nous sommes des animaux cultivés, non ? ( Je sens qu'on pourrait avoir un grand débat philosophique là-dessus, mais je n'ai fait qu'un an de philo, moi ^^)

 

Ceci dit, certaines idées me semblent plus faciles à partager (j'ai bien dit partager... Je n'ai pas dit imposer, expliquer, ni convaincre !) que d'autres. Par exemple, si vous vous définissez comme quelqu'un d'un peu "écolo", je pense que les arguments à propos de l'utilisation des terres arables et de la quantité de ressources nécessaires vous parleront plus que ceux à propos de la souffrance animale. Car il est difficile, vu que nous ne pouvons pas entrer dans la tête de l'animal, de savoir s'il souffre, et de quelle manière il souffre. On arrive donc très facilement au point de blocage, chaque partie ne pouvant avancer d'argument prouvant que l'animal souffre - ou pas.

 

Bien que je ne sois pas végane, ni probablement en passe de le devenir (mais sait-on jamais ? :) , j'ai trouvé chez l'Elfe, comme chez d'autres véganes, des idées qui m'ont semblé bigrement interressantes, et j'aime énormément lire à ce sujet. Car la plupart du temps, ce que je lis est logique, construit, argumenté... Et chez l'Elfe au moins, ouvert et respectueux.

 

Je dois dire que j'ai quand même l'impression que dès qu'on fait un pas dans cette direction (le VG(...)isme) dès lors qu'on est au clair avec ses raisons, qu'elles sont sincères, on gagne en sérénité. 

 

Je ne veux pas du tout dire que les VG sont plus cultivés, plus intelligents, plus sensibles ou quoi que ce soit ... Mais dans une société relativement homogène de ce point de vue, se pencher sur le VG(...)isme , c'est déjà une démarche en soi... Je ne sais pas si je suis bien claire. Disons que je pense que pour être VG, il faut s'être posé un certain nombre de questions qui ne vont pas forcément de soi.

 

Pour faire une métaphore, être VG, c'est un peu comme être poly-amoureux ... La société étant majoritairement "contre", à moins de tomber poly-in love par accident (je suis sûre que ça peut aussi arriver de tomber VG ^^) , cela nécessite une démarche "à contre courant". Peu importe que cela soit juste, moral, éthique... Qui sommes-nous pour juger ?

 

En tout cas, ça nécessite de se poser des tas de questions auxquelles il n'existe guère de réponses toutes faites, et d'être parfaitement franc dans ses réponses. Sinon, les pièces du puzzle ne vont pas ensemble, et je crois qu'on n'est pas très à l'aise !

 

Tout comme je pense qu'il est tout à fait possible d'être un omnivore parfaitement serein, dès lors qu'on accepte ses raisons. Et c'est là que le bât blesse, à mon sens : Quand on est VG, on est sans cesse "obligé" d'expliquer. On n'est obligé de rien, bien sûr, mais personnellement,si je peux entendre un avis différent du mien ( "Le steak, c'est bon !") , mais je ne peux pas tolérer qu'on dise une connerie alors que le contraire est prouvé ( "Si tu manges pas de viande, tu vas être malade!" )

 

Ce qui "nous" oblige** à sans cesse revoir nos positions, nos connaissances, les adapter, les approfondir, les mettre à jour. En ce qui me concerne par exemple, mes motivations les plus anciennes et les plus importantes sont les motivations environnementales. Que ces motivations puissent choquer un autre VG d'une autre chapelle,  je le comprends. Il n'empèche que, pour moi, elles sont quasiment capitales. Et comme on me pose souvent la question, je suis souvent "obligée" de donner des chiffres, de citer mes sources ...Je crois bien que le fait de savoir ce que je veux pour moi, pourquoi, et comment, ça me rend plus tolérante. Car je ne me sens pas menacée par les opinions différentes...

 

En revanche, je crois que la plupart des "non-VG" ne se sont jamais assis face à leur raisons, pour partager un bon steak. Ce qui, à mon avis, explique pourquoi ils n'ont (je parle de la majorité, y'a des giens très bien partout ! :D ) souvent pas d'argument, et surtout pourquoi, à mon avis, ils s'agacent facilement ...

 

En tout cas, moi, je vais bien ! :)

 

http://www.les-vegetaliseurs.com/media/articles/20110607_204651.jpg

 

NB : je ne suis pas souvent d'accord avec la PETA,

et je ne cherche pas à convaincre, encore une fois ....

Mais je voulais mettre une image pour finir tout ce texte, et j'ai trouvé

celle-ci jolie. Et plus classe que la dernière ! :D

 

 

*(végétariens, végétariens, véganes .... J'utilise exprès une abréviation pour tout le monde, parce que dans mon propos, c'est plus pratique, comme je dirais "croyants" pour parler à la fois des juifs, des musulmans, des chrétiens, des bouddhistes et des autres ...)

 

** (je mets volontairement des guillemets à "nous" , car je ne sais pas très bien comme on me met dans les cases, même si je sais ce que je suis !)

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Published by Le petit poison rouge - dans Mieux manger
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commentaires

Mia 17/02/2012 15:34


Je continue du coup mon raisonnement commencé dans l'autre commentaire sur les choix de chacun.
Choix subjectifs et personnels. Soit.


Après on peut juste essayer de faire en sorte que tous les choix soient éclairés. Que celui qui mange ou pas de la viande connaisse ce que ça implique en terme d'impact sur la planète, de
souffrance animale...


Dans ma tête c'est clair. Et c'est vrai que d'être dans la minorité m'a permis de me structurer très jeune. De savoir pourquoi et où j'allais, comment j'y allais. Dans le domaine de
l'alimentation mais ça déteint sur le reste ! (Par exemple la tolérance sur ce que les gens font de leur argent "oui il a une audit TT mais il mange peut-être des pâtes tous les soirs et ne sort
jamais dans des bars contrairement à toi qui sort 4 fois par semaine et dépense beaucoup".)


Actuellement, je suis carrément sortie des chiffres, des raisonnements, des logigrammes, de l'information. Sauf insistance, je coupe court aux conversations, actuellement je n'ai pas forcément
envie.
Donc c'est aussi possible de ne pas en discuter. Par parce que je suis mal à l'aise dans mon assiette, juste parce que je n'ai pas envie.
Je t'avais dit qu'on avait commencé un bouquin avec un copain sur le sujet (celui de ta paroisse !) il y a 7 ans ? Mais on n'a jamais finalisé, d'autres sont sortis, on est parti sur
d'autres choses... C'est le copain avec qui j'avais commencé le bilan carbone !


Bon ap'

Marie 18/01/2012 12:49

Bonjour !

j'aime bien quand tu parles du VG... isme, c'est toujours intéressant et ça fait réfléchir.
Personnellement, je suis résolument omnivore, tendance "le steak c'est bon". Mais...
- au quotidien, en fait, je me rends compte que je mange peu de viande, parce que ce n'est pas ce que je me fais spontanément quand je prépare à déjeuner. Et ça ne me manque pas, finalement
- depuis 2-3 ans, je fais le carême. Pour le carême, c'est à chacun de choisir ce dont il veut se priver pendant 40 jours. Cela fait deux ans de suite que, pour moi, c'est la viande (mais je
conserve le poisson), et c'est très enrichissant de se retrouver VG temporaire. Je me rends compte que, quand je déjeune à l'extérieur -- souvent, avec mon boulot -- les cartes de restau ne
comportent souvent pas beaucoup de plats sans viande. Si je ne mangeais pas de poisson non plus, il y aurait des endroits où je ne pourrais rien commander... Alors que, pour moi, un apport très
sympa du végétarisme, c'est d'introduire plus de diversité dans la nourriture. J'ai l'impression que c'est grâce aux VG que plein d'aliments originaux ont été (ré)introduits dans notre
alimentation, parce que ce sont de bons substituts à la viande. Et moi j'aime varier ce que je mange !

Honnêtement, je ne comprends pas les omnivores agressifs. Qu'est-ce que ça peut leur faire que tu ne manges pas de viande ? Même si vous partagez des repas, la simple contrainte "pas de viande"
laisse quand même plein de possibilités de plats qui plairont à tous, non ? J'ai des amis qui mangent casher et on arrive à dîner ensemble, alors entre un omnivore et un VG ça devrait bien être
possible aussi...

Ensuite, je dois avouer que j'ai rencontré quelques VG qui, alors qu'on ne se connaissait pas bien, m'ont fait la morale sur le fait que je mange de la viande, et ça ne m'a pas plu. Mais j'imagine
que si on doit se justifier tout le temps de ne pas manger de viande, ça finit par crisper un peu...

Le petit poison rouge 22/01/2012 15:08



Bonjour Marie ... Je comprends qu'on puisse aimer le steak, même si personnellement, c'est pas tellement mon cas (ce qui m'arrange bien ;) . Juste à ce propos, pour compléter ce que m'évoque la
suite de ton commentaire, franchement, un vrai bon steak, ça vaut pas 5 steaks Mc D* ? :)


Je comprends ce que tu veux dire à propos de la diversité, c'est finalement un des aspects que j'aime le plus dans le VG...isme. Au début, on a l'impression de ne pas savoir quoi faire comme
recettes, et puis on découvre des tas des végétaux oubliés, et petit à petit, ça vient... Je me rends compte que je fais de plus en plus de plats végétaliens, parce que c'est bon ! Et après je me
dis "tiens, mais j'ai fait un repas végétalien, moi ! ^^"


Quant à l'agressivité de certains omnivores, je crois qu'il est facile d'en deviner l'origine. Autant il est facile de dire qu'on "ne croit pas" en Dieu, autant le végéta(...)isme, tout le monde
peut le pratiquer, et donc, du coup personne n'a "d'excuse" pour ne pas le faire. Il y a des gens, comme toi, qui se sentent parfaitement à l'aise avec leur omnivorisme, et c'est ceux qui sont
finalement le plus tolérants... Alors que ceux qui ne sont omnivores que par habitude ou par mimétisme sentent leurs arguments fragiles, donc se réfugient dans l'agressivité...