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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 20:27

Cette note m'a été soufflée par un échange avec une copinaute qui se reconnaîtra, et qui a choisi de conserver son nom de naissance après son mariage.

 

Je trouve ce choix très féministe. Après tout, et même s'il s'agissait, je crois, plus de la coutume que de la loi, pendant des siècles, les femmes ont pris, d'abord, le nom de leur père, puis ensuite, le nom de leur époux. Aucune trace de la mère nulle part, sur ce point ... Cela résumait assez bien le statut qui était celui des femmes. Propriété de leur père, qui pouvait alors les marier plus ou moins à sa guise, puis propriété de leur époux, qui souhaitait faire prospérer sa lignée grâce à ce que lui n'avait pas : la capacité de "fabriquer" des enfants. Heureusement, le statut des femmes a évolué depuis !

 

Je comprends tout à fait, en outre, la volonté de ne pas "abandonner" son nom. Même si celui-ci, notre "nom de jeune fille", reste lié à nous à jamais, on peut très bien avoir envie de l'utiliser après son mariage... Après tout, nous ne cessons pas d'être la même personne. Et nous n'appartenons qu'à nous-mêmes.

 

Pourtant, j'ai embrassé (je choisis ce mot exprès, vous allez voir !)  le nom de mon mari. Et je sais que je vais m'attirer les foudres de certaines, mais il m'arrive relativement souvent, quand j'écris à nos deux noms, de mettre dans la case expéditeur : M. et Mme Chocolat I. (I : initiale du prénom de mon mari.)

 

Je vais vous avouer une chose. Jusqu'à très récemment, je ne m'étais jamais posé la question. Je savais que je n'avais aucune obligation de choisir de porter ce nom, et qu'il existait une possibilité très "égalitaire" : celle de porter, ensemble, nos deux noms, devenant officiellement les Poison-Chocolat (ou Chocolat-Poison, peu importe !)

 

Mais ce n'est pas celle que j'ai choisie. Je dis "je", car, Monsieur Chocolat n'y voyant aucune objection, nous n'avons guère discuté à ce sujet. Il aurait pu me suggérer l'option Poison-Chocolat, mais il ne l'a pas fait. Et pourtant, mon amoureux est un féministe, un vrai de vrai.

 

Alors, mais pourquoi avons nous poursuivi la tradition ? Peut-être parce que, pour nous, qui considèrons tous deux que les hommes et les femmes sont égaux, bien que différents, il ne s'agit de rien d'autre que d'une différence... La différence étant que l'usage le plus courant, c'est celui-là. Ce qui ne constitue pas un jugement de valeur !

 

Peut-être que la coutume vient de vielles traditions désuètes, voire même d'une histoire cruelle et heureusement de plus en plus lointaine. Mais maintenant que nous avons vraiment le choix (contrairement à une idée répandue et même si c'est galère à faire entrer dans les cases, l'homme peut en effet porter le nom de son épouse,et celui-là seulement, sans l'accoler au sien !), est-ce-que l'on peut dire que "sacrifier" à cet usage, c'est être une mauvaise féministe ?

 

Je ne peux m'empècher de faire le parallère avec le mariage. Après tout, maintenqnt que nous sommes libres, nous, les femmes, de pouvoir avoir notre propre vie, d'avoir un compte en banque, un travail, un bien immobilier, voire "d'obliger" un père récalcitrant à prendre plus ou moins soin de son enfant, le cas échéant, pourquoi nous marions-nous ?

 

Comme le faisait remarquer Sel dans les commentaires de la note précédente, et comme j'en suis totalement convaincue, il n'y a pas "Une Femme, LA Femme".

 

http://archive.photographie.com/magazine/agenda/115032/img/upload/lamazou001.jpg(Couverture de "Femmes du Monde", de Titouan Lamazou)


 

En ce qui me concerne, j'ai épousé mon chéri comme on s'embarque pour un voyage au long cours. Avec la conviction que le voyage peut parfois se révéler difficile, mais qu'il recèle des trésors inattendus, et que l'on ne peut pas appréhender avant d'y être. J'ai fait le pari de tout faire pour que ce voyage m'emmène le plus loin possible, et chaque jour, nous entretenons avec soin ce vaisseau que nous appelons mariage, et sur lequel nous sommes montés, ensemble, avec la ferme intention de trouver ensemble le cap à suivre, de nous soutenir jour après jour, de ne pas abandonner le navire.

 

Dans ce voyage, nous devrons parfois faire des concessions, parfois nous écharper pour faire apparaître certaines vérités, afin d'apprendre à propos de l'autre,et à propos de nous-mêmes.

 

Je ne tenais pas à utiliser mon nom. Attention, il m'est précieux, mais quid du nom de ma mère, du nom de l'arrière grand mère que j'ai bien connue, de celui de la fine branche russe de ma famille, à laquelle je tiens pourtant presque autant qu'elle est menue ?

 

Pour être exacte, je devrais porter au moins quatre noms. Trois d'entre eux ne sont plus utilisés chez nous, et n'ont plus de place que dans mon arbre généalogique. Alors, même si mon nom de jeune fille est probablement celui des quatre qui m'est le plus proche, parce que j'ai connu plutôt plus et plutôt mieux cette branche de la famille, sa mention sur des papiers n'a aucune importance à mes yeux. Je sais de qui je suis la fille, la petite fille. Je connais les noms et prénoms de naissance de presque tous mes arrière grands-parents. Ces noms qui ne sont pas sur le papier, ces prénoms, c'est ça mon histoire.

 

Quand à celle que je suis, pour moi, cela se joue essentiellement dans mon prémon. Il n'a commencé sa vie dans la famille qu'à mon arrivée. Au contraire de mon nom, il n'appartient presque qu'à moi. Même si je trouve que son usage est malaisé. En effet, je n'aime pas que mon amour utilise le même mot que la sécurité sociale ! :D J'ai donc milité longtemps en faveur de surnoms, et j'en ai plusieurs, ce qui m'amuse car ils correspondent à des cercles différents.

 

Au jour de notre mariage, j'ai choisi de lier mon histoire à cet homme. Et j'ai délibérement choisi ce qui, pour moi, ne représentait pas un renoncement, mais un chapitre de plus à mon histoire.

 

Je n'en éprouve aucun regret.

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Published by Le petit poison rouge - dans Le petit poison cogite
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commentaires

Lila 28/03/2012 17:36


Je porte toujours mon "nom de jeune fille".


En fait, ce qui me génait, dans l'idée de prendre le nom de mon mari, c'est deux aspects  :


- le "changement d'identité". Je sais que le changement de nom ne change rien sur le fonds et qu'on peut tout à fait rester la même après avoir changé de nom. Mais personnellement, même si c'est
un peu bête, j'aurais vécu un changement de nom comme une remise en cause de mon identité propre.


- la "publicité obligatoire" qu'un changement de nom entraine (c'est également pour cette raison que je suis très favorable à la suppression du Mademoiselle sur les formulaires administratifs).
Pour moi, le mariage est quelque chose d'intime, de personnel. Bien sûr, ça peut sembler contradictoire avec le fait d'inviter 80 personnes pour le célébrer ou d'en avoir parlé sur internet, mais
ce sont des proches que nous avons choisi, pas la société dans son ensemble ou la totalité des gens avec qui je travaille, ma banque, la sécu ou EDF. D'ailleurs, quand je parle de mon homme, je
dis très rarement "mon mari", même avec ceux qui savent très bien qu'on est mariés.


 


Sinon, un détail qui m'interpelle dans ton article, parce que justement je m'interroge pas mal sur la question ces temps-ci. Tu dis que les hommes et les femmes sont différents, mais quelles sont
pour toi ces différences? Est-ce que ça se limite aux critères biologiques et phyisiques ou est-ce que ça va plus loin ? (je sais, c'est un peu hors sujet)

Le petit poison rouge 01/04/2012 15:03



Mmmm ! Quand je dis différents, mais égaux, je me réfère surtout aux critères biologiques et physiques, qui génèrent du coup des différences vis-à-vis de la société, et du monde du travail en
particulier (mais pas seulement). Par exemple, quand un homme et une femme (pour faire simple, le cas de deux parents hommes (nécessairement adoptants) ou deux parents femmes (dont une, je
crois, ne peut être reconnue par l'adminsitration) est un peu à part) décident d'avoir un enfant, c'est la femme, qui, de par ses spécificités physiques, va être amenée à manquer le boulot
quelque temps. De ce fait, cette situation peut générer jalousie, incompréhension, voire même méfiance ou défiance de ses collègues et supérieurs vis-à-vis de la femme, qui a fait passer sa vie
personnelle avant sa carrière. Ce que, de fait, les hommes sont peu contraints de faire, même ceux qui s'occupent parfaitement de leurs enfants. Ne serait-ce que parce que leur congé paternité
est très court ... Du coup, il me semble que la femme en question peut être aménée à un moment à moins s'investir dans son boulot, parce qu'on lui demande des choses qu'elle estime incompatibles
avec sa vie personnelle (d'ailleurs, cela peut être le cas avant d'avoir des enfants... Mais bizarrement, dans ce cas, on se garde d'interpréter ça comme "de la désaffection" ou de la
"démobilisation"...) , ou, au contraire, à surcompenser et à se sentir obligée d'être une SuperWoman.


Après, je pense que c'est essentiellement culturel. Si les hommes avaient eux aussi droit au même nombre de congés, il seraient plus à les prendre je crois, et cela permettrait de "lisser" cette
différence, ce qui est impossible autrement ...



Mia 28/03/2012 12:52


J'aime bien tes mots sur le mariage. De mon côté, un peu comme Elodie donc je suis contente d'être Mme Lenomdemonmari...

Le petit poison rouge 28/03/2012 22:43



Moi aussi, en fait ... Mais je suis contente d'y avoir réfléchi - Et je me doute que tu as du le faire aussi ! :)



Anna 20/03/2012 13:04


J'aime l'idée de porter le même nom que mes enfants, et je trouve logique et joli qu'ils portent le nom de leur père : nous les lions à nous en les portant neuf mois, les pères, eux, leurs
donnent leur nom.

Le petit poison rouge 20/03/2012 13:51



J'ai une note en cours à ce propos, qui se clôt sensiblement de cette façon ... (Elle sera bientôt postée sur Apostille.) Bon, j'ai la place (et la motivation) de développer, donc je ne me suis
pas basée que sur cet aspect. Mais pour ce point précic, je suis d'accord ! :)



elodie 19/03/2012 15:00


ALors pour moi il était évident que je prendrai le nom de mon mari, et ce dès le début de notre relation. Je suis fière de porter le même nom que lui et j'adore quand on m'apelle Mme B.


D'autant plus que j'ai qq difficultés à m'entendre avec mon père donc pas de difficultés à la perdre. Mais comme c'est tout récent, certaines personnes me connaissent encore sous mon nom de jeune
fille (mon médecin par exemple) donc il m'arrive de l'utiliser encore pour des raisons pragmatiques. Même si au tout début j'avais du mal à me présenter en tant que Madame B. Quand on m'appelait
par mon nom de femme mariée, je répondais sans aucun problème, mais l'utiliser moi cela à mis quelques semaines. D'autant que je me présente rarement d'un point de vue professionnel par mon nom
de famille mais plus par mon prénom, donc je n'ai pas encore trop l'habitude.

Le petit poison rouge 20/03/2012 13:53



Moi aussi j'avais du mal, surtout quand je me présentais au téléphone, j'avais l'impression de me comporter comme une gamine, ravie de crier partout qu'elle a un mari ... :P Mais c'est vite passé
! :)