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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 20:28

Maintenant qu'on sait que je suis une mauvaise féministe (à la bonne heure, je vais pouvoir ressortir mes talons), je voudrais aborder un dernier point : l'allaitement. Non pas pour parler technique, ni, bien que je trouve le sujet très intéressant, pour parler d'allaitement en public. J'y reviendrai sûrement, ailleurs, plus tard.

 

Seulement, dans la perspective de ma réflexion sur le féminisme, j'avais envie de m'élever contre des propos qui me hérissent : pour un certain nombre de femmes (et d'hommes... Je trouve très bien que les hommes se préoccupent de réfléchir au statut des femmes. Même s'il y en a qui disent de belles conneries !), allaiter, c'est ne pas être féministe. J'ai été particuluièrement choquée quand, dans le (bon, en plus !) débat qui a suivi l'émission d'Arte dont je vous ai parlé, le sujet a été abordé entre la poire et le fromage, sans aucun approfondissement, et surtout parce que , à la façon dont il a tété (faute de frappe, mais c'était trop beau !) abordé, l'allaitement ne pouvait être qu'un retour en arrière inacceptable.

 

Je ne suis pas d'accord.

 

Ce qui est inacceptable, c'est de nous prendre pour des connes.

 

Oui, l'allaitement maternel a des vertus. Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il me semble, entre autres :

 

- qu'il est parfaitement adapté d'un point de vue nutritionnel,

- qu'il est "gratuit" financièrement, ( mais qu'il demande un investissement de temps conséquent)

- qu'il est "simple" (pas de matériel, de lait à ne pas oublier ...)

- qu'il est "naturel"

- qu'il entretient un lien très fort entre le parent qui allaite et l'enfant.

 

A contrario, je pense que l'allaitement au biberon avec du lait industriel (aucune critique, c'est juste pour signaler qu'il sagit de lait d'origine non humaine, en boîte ou pas, liquide ou pas, végétal, animal, amélioré ...)

 

- est aussi bien adapté du tout d'un point de vue nutritionnel)

- a un coup financier plus important, mais réclame probablement moins de temps,

- est plus simple si l'allaitement maternel ne se passe pas idéalement,

- n'est pas naturel. Et en quoi c'est un problème ? La pilule, les médicaments, mon appartement et l'ordinateur sur lequel j'écris ces lignes, ce n'est pas naturel. A mon avis, naturel ou pas, ça ne veut pas dire grand-chose ...

- entretient un lein très fort entre le parent qui donne le biberon et l'enfant.

 

La Nature ne nous ayant pas conçus identiques, le père ne peut pas allaiter. A moins que le choix de la famille ne doit d'utiliser un tire-lait ET des biberons. On a donc panaché les qualités et les inconvénients. Et si ça convient à tout le monde, pourquoi pas ?

 

Mais, en général, on opte pour une seule option : le biberon ou le sein. Du moins au début, pendant le congé maternité. Après, pour les bébés ayant des mères qui bossent et qui les allaitent, il y a plein de solutions mixtes.

 

Alors oui, le nourissage de l'enfant grâce à un biberon permet au père de participer à cette activité. En même temps, quand un enfant est allaité, qu'est-ce-qui empèche son père de l'habiller, de lui donner le bain, de passer des moments en tête à tête avec lui, qui peuvent être nombreux et aussi riches de sens (bien qu'ayant un sens différent... Rappelez vous mon credo, tous différents, tous égaux ! ) qu'une tétée ?

 

Je crois que ce qui est important aujourd'hui, si l'on veut être une vraie féministe, c'est d'essayer de dire la vérité, toute la vérité. Ensuite, c'est à chaque femme de choisir ce qui lui parle le plus (parce qu'il s'agit de son corps), et, à mon avis, (mais ça n'engage que moi) de partager ses réflexions et ses arguments avec celles du père de l'enfant. Non pas pour se justifier, mais simplement pour qu'il ne se sente pas exclu, quel que soit le choix de la mère de son enfant.

 

De même qu'il appartient aux femmes de décider de travailler ou non, et qu'elles sont tout à fait capables de mettre dans la balance l'indépendance financière, la reconnaissance, la non-reconnaissance, l'épanouissement, la fatigue,  le temps partiel subi, le temps partiel choisi. Et capables de prendre leurs décisions en connaissance de cause.

 

Etre féministe aujourd'hui, pour moi, c'est ça: reconnaître, haut et fort, que les femmes ne sontt pas "des hommes comme un autre", mais bien "des êtres humains singuliers, comme les autres".

 

Je crois que le rôle de la société, c'est de faire en sorte de les accompagner au mieux, qu'elles souhaitent se consacrer à leur foyer, à leur carrière, à un peu des deux ou à tout autre chose, et en donnant les mêmes droits aux hommes. Là, nous serons vraiment libres de faire nos choix. Et cela, enfin, fera évoluer les mentalités...

 

http://maxibestofmcmaman.files.wordpress.com/2011/02/i-make-milk-what-s-your-super-power_design.png?w=490

Image empruntée ici.

Je vous suggère la lecture de l'article, très, très drôle et libérateur !

Moi, c'estplutôt I CAN make (et encore, pas sûr), mais c'était trop drôle !

 

Si vous voulez aller plus loin ...

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Published by Le petit poison rouge - dans Le petit poison cogite
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commentaires

Anna 31/03/2012 10:33


Lila, pour l'allaitement mixte, méfie-toi du "rapidement" - on dit qu'avant 6 semaine/deux mois, il y a un risque de confusion sein-tétine si on donne le biberon à l'enfant, autrement dit le bébé
ne sait plus prendre le sein, d'où risque d'interrompre l'allaitement alors que ce n'était pas l'effet recherché. On peut toujours donner le lait artificiel avec un DAL (qu'on peut donner au
doigt et pas au seon) avant ce délai.

Le petit poison rouge 01/04/2012 14:51



En ce qui me concerne, j'ai lu que pour éviter ce risque, on peut aussi faire boire le lait dans une sorte de "tasse", qui ressemble moins à un sein. Mais je n'y connais RIEN ! :)



Lila 28/03/2012 23:05


Deux réponses à ta question, une "sociale" comme tu abordais le féminisme en début d'article, une beaucoup plus personnelle.


Il me semble logique que les féministes s'emparent de la question de l'allaitement si on considère qu'il y a une "contrainte" pour la femme en tant que femme. En effet, si on considère qu'il y a
une pression qui pousse les femmes à allaiter et que cela entraine pour elles une contrainte en tant que femme (c'est le cas d'Elisabeth Badinter en ce qui concerne l'allaitement + un certain
nombre d'autres pressions qui ajoutent à cette contrainte), il me semble logique que les féministes interviennent pour lutter contre cette pression (et uniquement contre la pression, puisque la
contrainte peut être, comme je le disais, librement choisie), afin que le choix soit libre.


Sur le plan purement personnel, c'est pour cette raison que pendant très longtemps, j'ai pensé que je n'allais pas allaiter. Parce que j'ai besoin de me dire qu'en cas d'incapacité temporaire de
m'occuper de mon bébé, quelque soit la raison, mon homme pourra "prendre le relai" et lui apporter tout ce dont il a besoin. Mais surtout, parce que l'idée de perdre complètement mon indépendance
face à mon enfant me faisait très peur et m'effraye encore. J'ai besoin de savoir que j'ai la possibilité de m'éloigner de lui plus que 2-3 heures (même si je ne le ferai probablement pas pendant
les premières semaines/les premiers mois, le simple fait de savoir que j'ai la POSSIBILITE de le faire me permettra de ne pas me sentir "coincée"). Il faudrait que je développe un peu plus parce
que là c'est un peu caricatural, mais ce n'est pas le lieu, peut être un jour sur mon blog ! J'ai depuis en partie évolué sur la question, et je tiens à essayer d'allaiter parce que je pense que
c'est quelque chose de très intense et que je veux essayer de tisser ce lien avec mon enfant, et aussi parce que l'allaitement est important pour le futur papa. Mais si cela nous convient à tous
les trois, je pense que nous essayerons de mettre en place rapidement un allaitement mixte, qui devrait nous permettre de trouver un équilibre.

Le petit poison rouge 01/04/2012 15:40



En ce qui concerne ta réponse "personnelle", et comme je crois l'avoir déjà dit, ce qui me semble important, c'est que votre choix soit libre, partagé, et que vous vous sentiez tous les deux à
l'aise avec . :) J'avoue que (peut-être parce que je n'y suis pas encore :P ) je ne ressens pas cette peur de la perte d'indépendance. Ce qui ne veut pas dire, tu commences à me connaître, que je
la trouve infondée ou insensée ! Chacun(e) vit tout ça à sa façon, et c'est cette variété qui fait la richesse... Si tu as besoin de ne pas te sentir indispensable, et que ton chéri et toi avez
trouvé le parfait terrain d'entente, c'est bien le principal !


Il me semble également logique que les féministes s'emparent de la question, mais, comme tu le dis, une contrainte peut être librement choisie. Et même, autre chose qu'une "contrainte". Par
exemple, si je ne fais pas de sein nu, c'est parce que je n'ai pas envie de montrer mes seins, et pas parce que j'imagine qu'une personne malintentionnée pourrait se rincer l'oeil, ou me juger
pour ça. Du coup, je trouverais grave que les féminsites essaient de m'imposer de ne pas mettre le haut du maillot, parce que si je le mets, ça n'est que pour moi ... Donc je pense qu'il faut
faire attention à ne pas juger une femme qui allaite, tout comme une femme qui n'allaite pas ! :)



Lila 28/03/2012 17:54


Juste pour revenir sur le père, bien sûr qu'il peut s'occuper "autrement" de son enfant si celui-ci est allaité. Mais la différence, à mes yeux, c'est qu'avec le choix de l'allaitement, le père
ne peut pas subvenir seul (momentanément) à tous les besoins de l'enfant.


Et parallèlement, dans le cas de l'allaitement exclusif, la mère ne peut pas s'éloigner de son enfant plus de quelques heures. Cela crée une dépendance particulière de l'enfant à sa mère (et non
pas à ses parents) et c'est donc une contrainte pour la mère que n'a pas le père. Mais cette contrainte peut tout à fait être parfaitement acceptée et assumée par les parents (et il est stupide
de parler de "retour en arrière).

Le petit poison rouge 28/03/2012 22:46



Je suis parfaitement d'accord avec toi ... Ceci dit, je ne vois pas de problème particulier à ce que le père ne puisse subvenir seul (momentanément) aux besoin de l'enfant. C'est un aspect des
choses qui peut soulever des questions, selon toi ?


 



Mia 28/03/2012 12:59


J'utilise très peu le mot féministe car c'est vrai que je ne sais jamais trop quoi mettre derrière et je ne sais pas ce que mon interlocuteur met derrière... Dans les actes je le suis
peut-être...


Quant à l'allaitement, c'est un choix, comme le reste, avec des avantages et des inconvénients selon les points de vue. Tant que c'est un choix (qui peut évoluer comme le dit très bien Marie) du
couple, on se fiche du reste, non ?

Le petit poison rouge 01/04/2012 15:05



Justement, je me demande s'il n'est pas temps que nous qui savons que les femmes sont égales aux hommes, nous nous réappropriions ce terme ... Pour ne pas le laisser aux (rares, je te l'accorde)
femmes qui veulent, sous couvert d'égalité, restreindre les droits des hommes...


Pour le reste, on s'en fiche, on s'en fiche ... Peut-être pas à la cinquantième remarque ! :p



Anna 20/03/2012 16:10


Désolée pour la virulence, mais je commence à en avoir marre des militantes qui enfermement le mot "féministe" dans un cadre très précis et des femmes qui s'excusent de ne pas correspondre à ce
cadre. Le féminisme appartient à tous ceux qui croient en l'égalité (comme tu le dis très bien, pas l'identité) des sexes, pas seulement à ceux qui se revendiquent d'un courant ou d'un autre !

Le petit poison rouge 20/03/2012 17:08



Je te comprends, mais à trop s'emporter, on risque d'être contre-productif ... Et puis je crois que c'était une façon de parler ;)