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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 19:20

Donc, vous avez bientôt trente ans, vous êtes marié(e) depuis six mois (toute ressemblance avec un Petit Poison existant ou ayant existé n'est pas pûrement fortuite), et vous allez bien. Votre chéri et vous vous entendez très bien, vous avez suffisamment d'argent pour avoir une vie simple mais avec tout le nécessaire (un toit en train de devenir à vous par exemple), vous avez la santé, vous avez la chance d'avoir autant de boulot(s) que vous le souhaitez (dans notre cas, un chacun, nous ne souhaitons pas ni l'un ni l'autre être "au foyer", même si l'idée d'un congé parental un jour  n'est pas à exclure, pour l'un et/ou pour l'autre ). Vous n'avez jamais dit haut et fort que vous ne vouliez pas de bébé. (Si jamais c'était mon cas, je pense que je ne l'aurais pas forcément dit, à part à l'Homme qui s'apprêtait à lier sa vie à la mienne, car je pense que c'et un sujet important sur lequel il faut être franc(he). Je ne peux pas savoir si je me serais laissé le temps de voir si l'envie venait ou si ça aurait été un choix "philosophique" et donc ferme et définitif. Il est fort probable que dans le premier cas je serais restée évasive, moins dans le deuxième, car ç'aurait pu être un (non-)acte "militant". Mais bon, je ne peux pas savoir !)

 

Donc, tout va bien dans le meilleur des mondes. Sauf que, pour le moment, vous ne pensez pas encore à vous lancer dans l'aventure (note importante : je livre mon petit témoignage et les réflexions qui lui sont rattachées. Que vous ayez 40 ans ou 18, dix enfants ou une sainte horreur de l'idée d'en avoir, vous êtes ici chez vous. Je suis bien placée pour ne juger personne. D'ailleurs, si vous avez 35 ans, que vous attendez une petite crevette pour dans six mois, que vous n'êtes "pas" ou "pas vraiment" en couple avec le Papa (ça ne me regarde pas, alors je laisse la place à l'interprétation avec les guillemets), surtout si votre prénom commence par un C., sachez que je pense bien à vous, et que le premier qui ose remettre en question votre choix devant moi se fera remonter les bretelles avec vivacité :D )

 

Et pourtant, on vous en parle. La télé vous en parle, les magazines vous en parlent, les copains d'école qui recroisent votre vie vous posent tous la même question, votre médecin vous en parle.

 

Normalement, quand vous voulez quelque chose, mettons la pilule, c'est à vous d'entamer la démarche. Dans ce cas précis, c'est tout l'inverse. Tout le monde (heureusement, nous avons une famille équipée de synapses en parfait état, et donc, on nous laisse faire nos choix tranquilles) part de l'idée que vous avez un chéri, donc nécessairement l'envie d'un enfant. (Amies lesbiennes, j'espère que pour vous ça au moins c'est plus simple) Et quand vous détrompez la personne en face, ça y est, ça commence.

 

"Ha ben pourtant il faudrait y penser !"

" Dépêchez vous, après vous serez trop vieille"

" Ha bon, mais ça va pas avec votre mari ?"

" Vous en voulez quand même un jour (variante énervement garanti : rassurez-moi ?) "

 

Et mon préféré de tous :

 

" Vous verrez, être Mère, ça vous changera du tout au tout. C'est le but Ultime dans la vie d'une femme".

 

Franchement, si je voulais changer du tout au tout, j'attendrais pas le dégel, et je ne mettrais jamais mes envies de changer sur les épaules d'un petit bout qui n'a rien demandé à personne ! Non, être mère n'est pas un devoir, oui, ça peut être une envie, ou pas. J'irai même jusqu'à dire que ce qui nous sépare des autres animaux, nous les humains, c'est que nous agissons parfois contre notre instinct, en pleine connaissance de cause. Et que rejeter les arguments d'une personne, homme ou femme, qui ne veut pas d'enfants, c'est nier les entiments, les réflexions, les ressentis qui forment son humanité.

 

C'est d'autant plus grave qu'une femme va devoir se justifier presque à chaque fois qu'elle dira à son médecin que non, elle n'a pas besoin d'examens pré-bébé, ni de renseigenements d'aucune sorte à ce sujet. Parce que forcément, on va lui demander pourquoi. C'est d'autant plus grave qu'elle lira dix, vingt articles parlant de mode, de sexe ou même de culture, et dans lesquels "la nullipare" ne sera même pas évoquée, (alors que le fait d'être parent ne condamne pas au séances du dimanche matin du dernier Disney !!!) . Je crois que c'est bien ce qui m'agace le plus, tiens. La façon dont tout le monde, tout le temps, vous en parle et reparle. Très honnètement, je pense que devoir se justfier sans arrêt, ça peut pousser les plus faibles (ceci dit sans méchanceté, j'aurais plutôt de la compassion) à "franchir le pas" même sans aucun désir de le faire.

 

Mais si c'est un homme,  personne ne le sermonnera ... Aujourd'hui pour la société, une femme de 40 ans qui n'a pas d'enfants et personne dans sa vie, même si elle roule en Ferrari, a raté le plus important dans la vie. Avec un peu de chance, on dira qu'elle a tout sacrifié pour sa carrière, avec admiration. Comme si elle avait nécessairement eu envie de changer des couches, de se réveiller tous les jours avec le même homme ... Alors une femme de cet âge qui a une vie "normale" sera presque toujours vue comme une pauvre nénétte, une femme "incomplète".

 

Un homme de 40 ans qui roule en Ferrari par contre, c'est Le Mec, celui qui a réussi à échapper à "se faire mettre la corde au cou et se faire faire des gosses". On le regardera presque toujours avec envie ...Je n'imagine pas le calvaire pour celui qui aurait souhaité être un époux et un père et qui n'a pas trouvé la bonne personne, de subir les clins d'oeil  et les plaisanteries grivoises de ceux qui imaginent la vie qu'ils n'ont pas.

 

Dans un sens, tant mieux pour les hommes, qu'ils aient cette relative liberté de vire. C'est juste dommage qu'on ne considère pas les femmes avec le même regard ...

 

Bien sûr, ceux et celles qui s'en prendront aux "non-parents" pourront essayer de cacher une part de jalousie. Tout le monde ne la ressentira pas forcément, mais parfois, elle existera. La jalousie de ceux qui n'ont pas su, alors qu'il le souhaitaient*, dire "Non, je t'assure, nous avons pris la décision, ce sera comme ça et votre avis ne m'interesse pas."

 

 

 

* Parce qu'on peut aussi souhaiter avoir un enfant à 31 ans et un second à 34, être respectivement mécano et femme au foyer, et habiter un pavillon de banlieue avec labrador, si ça nous chante. Le tout, c'est de faire ce dont on a envie, si ça ne fait de mal à personne. Et ça ne fait de mal à personne de ne pas avoir d'enfants, de les avoir "trop" tôt ou "trop" tard. Sauf à notre société (en Occident mais plus encore en France ) , basée sur ce modèle de vie bien précis ...

 

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Published by Le petit poison rouge - dans Les choses qui fâchent
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commentaires

sel 25/01/2011 14:04


Disons que moi, je dirais surtout que (et je trouve que c'est un comble !) c'est surtout les filles qui posent la question, du moins, autour de moi. Si on est ensemble chéri et moi, on nous pose la
question aux deux, et sinon, ben..à l'un ou à l'autre (il paraît qu'on n'arrête pas de lui poser la question au boulot. Moi, ça va, j'ai un travail solitaire (et proche de mon foyer;))donc
j'échappe aux réflexions des collègues ! Autant dire que ça ne me manque pas.
Allez, reviens, boude pas, quoi !;):)


Le petit poison rouge 25/01/2011 19:51



Probable effectivement que la question vienne plus des filles ... A force de subir cette pression, on la relaie involontairement ...



lili des bois 25/01/2011 13:18


malheureusement les gens adorent se meler de ce qui ne les regarde pas, surtout quand il s'agit des enfants...
de mon coté, mariée depuis 6mois aussi, mais en essais bébé depuis presque 3 ans... on va lancer notre 4eme insémination, et évidemment meme si on y croit, le moral n'est pas toujours au beau fixe
:(
on en a peu parlé autour de nous (parce que les conseils à la con j'en ai marre!), donc tout le monde nous en parle "et le BB, c'est pour quand?" "vous avez perdu le mode d'emploi?" (charmant,
non?), et j'avoue que je ne sais jamais quoi répondre, j'essaie généralement de dévier la conversation...
bref, tout ça pour dire que je me suis juré de ne jamais poser la quetion à personne, ça ne regarde que le couple!

en totu cas je découvre ton blog (un peu tard!) et je me régale, félicitations pour ton mariage!


Le petit poison rouge 25/01/2011 13:48



Bonjour Lili des Bois, bienvenue parmi nous ... Même si le contenu de ton commentaire n'est pas le plus gai de la journée :/ Je vous souhaite (avec un peu de retard puisque votre mariage date
d'il y a six mois mais le coeur y est) tout le bonheur possible, quelle que soit la façon dont votre vie évolue.


Tu as bien raison, mieux vaut laisser le couple en parler s'il a envie...


Merci pour ton compliment ! :)



Anne (& Romain) 24/01/2011 19:17


Coucou Petit Poison,

Ce post n'apas grand rapport avec ton billet si ce n'est que ça parle un peu de bébé. J'ai découvert en flânant de blog en blog, celui d'une sage femme qui s'appelle 10 lunes et qui devrait
t'intéresser, je lis son blog depuis plusieurs jours et ne me lasse pas de sa prose et de son éthique de travail ...

Bonne continuation !


Le petit poison rouge 25/01/2011 12:47



Merci beaucoup Anne pour ce très bon conseil, je suis déjà fan de Dix Lunes ! :)



sel 24/01/2011 18:58


Moui, enfin t'inquiète, quand (si) t'en auras un, on te dira "à quand le 2e?", puis "A quand le 3e?", et puis ensuite, si vous en avez d'autres, on te diras "mais 4 enfants, mais c'est énorme, vous
êtes fous", etc. En gros, les gens vous foutent toujours la pression, quel que soit votre choix.
Du coup, quand on me pose la question, je hausse les épaules et reste évasive (d'ailleurs, on la pose autant au chéri qu'à moi)
Non, moi, si je devais sentir la pression de quelqu'un, ce serait plutôt celle de ma mère (et de la belle-mère), même si elles sont toutes les deux très respectueuses et tout, n'en parlent jamais,
je sais bien que...


Le petit poison rouge 25/01/2011 12:49



Bon je vais bouder, hein, vous me mettez par terre toute ma théorie du "on en parle surtout aux filles" ! :D



Floh 24/01/2011 14:35


Oui, les mentalités ont encore un sacré chemin à faire sur tout ce sujet, et en tant que femme, il n'est pas évident de se libérer de la pression sociale.
Tu peux gentimenet faire comprendre ça à tes proches qui, sans le vouloir, te renvoient ce genre de pression. Par contre si médicalement, tu es confrontée à des médecins qui te posent des questions
telles que celles que tu rapportes: tape du poing sur la table et change de médecin. Honnêtement, c'est inadmissible!
Bonne semaine :)


Le petit poison rouge 25/01/2011 12:48



Pour les proches, ça va, je tiens le coup ;)


Mais je vois tellement de gens qui "cèdent" sans envie et qui en souffrent, ça m'attriste profondément...


A très bientôt !